Nicolas Tixier, enseignant-chercheur au CRESSON soutient son Habilitation à Diriger des Recherches :

Le quotidien en projets
Parcours, coupes, travellings et autres transects

le 22 décembre 2017 à 14h30 à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble (Amphi Jean Maglione)

Jury :

  • Sabine Barles
    Professeure des Universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rapporteur
  • Gilles Novarina
    Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes, membre
  • Ola Söderström
    Professeur des Universités, Université de Neuchâtel, rapporteur
  • Jean-Paul Thibaud
    Directeur de recherche CNRS, CRESSON / UMR AAU, tuteur
  • Paola VIGANÒ
    Professeure des Universités, École Polytechnique Fédérale de Lausanne, Studio Paola Viganò, rapporteur

Résumé :

Ancrée dans le champ des ambiances architecturales et urbaines, cette habilitation à diriger des recherches rend compte dans un premier temps d’un parcours personnel tout autant que collectif, réalisé à la croisée de différentes pratiques : recherche, projet, pédagogie. De toutes ses activités, il s’en dégage une problématique commune, le quotidien en projets et une hypothèse méthodologique transversale, le transect urbain comme pratique de terrain, technique de représentation et posture de projet. Cette problématique et cette hypothèse sont déployées dans un second temps dans quatre chapitres comme autant de façons d’éprouver des passages et des hybridations entre recherche et projet.

Un premier déploiement « Lieu des Récits / Récits du lieu » explicite une façon dont on peut recueillir des récits en marchant dans le cadre de projets urbains. La marche est un des outils qui le permet par le focus naturel sur ce qui compose le quotidien d’un lieu et l’interrogation des liens entre passé, présent et futur qui se produit lors des échanges. Il s’agit ici d’expliciter d’abord les principes que nous avons mis en oeuvre. Il s’agit ensuite de resituer et de questionner les différents usages, apports et limites qui peuvent être faits tant au niveau de la méthode, ici « les marches collectives » qu’au niveau des récits produits ou encore avec le passage au projet.

Un deuxième déploiement « Traversées et miniatures urbaines » s’intéresse à de grandes traversées cinématographiques d’une ville et à leur potentiel rétroprospectif. Un film d’hier, peut-il aujourd’hui nous aider à penser les espaces de demain ? Et si l’espace des mobilités du Paris des années 20 avait déjà des attributs que nous recherchons aujourd’hui pour les espaces métropolitains de demain ? Cette hypothèse se fonde sur la capacité d’un film, ici Études sur Paris d’André Sauvage (1928), grâce à sa construction en cinq traversées urbaines et au décalage temporel, à nous révéler une épaisseur de ressources spatiales et usagères insoupçonnées.

Un troisième déploiement « Le transect urbain, où comment couper la ville par son milieu » s’intéresse à la coupe urbaine et à ses potentiels appliqués aux questions environnementales. La coupe urbaine peut-elle être un lieu de rencontre entre les enjeux environnementaux globaux et les enjeux locaux d’ambiances situées prenant en compte les dimensions sensibles de l’espace et les pratiques habitantes ? Sur cette hypothèse de départ de la coupe urbaine comme mode de représentation permettant d’articuler ce qui habituellement est séparé, à savoir les objets construits, le monde sensible et les pratiques sociales, nous avons mené plusieurs travaux exploratoires appliqués aux préoccupations environnementales nous entraînant avec la notion de transect vers des passages au projet.

Un quatrième déploiement « L’expérience de la reconduction » s’intéresse au principe de reconduction d’un travail de description ou de captation dans un lieu donné. Si la figure du transect se construit et se représente classiquement par une ligne spatiale. Qu’en est-il de son potentiel temporel ? Quelles épaisseurs temporelles se dégagent le long de ces lignes, tant vers le passé, que vers son devenir ? Comment articuler les temporalités cycliques du quotidien au temps long de l’évolution d’un lieu ? Enfin, peut-on aller jusqu’à définir comme transect le fait de fixer un point localement et de se déplacer le long d’une ligne de temps ? On regardera ces questions à partir des façons dont le temps et l’espace sont présents dans différentes expériences de reconduction mobilisant texte, photographie ou vidéo.

Pour conclure, la place du récit que l’on situera entre héritages et fictions sera interrogé au regard de la pratique et du rôle tant de l’architecte que de la pratique de l’enseignement dans les écoles d’architectures.

Légende de l’illustration :
Transect à Bucarest – Parc Vacaresti – Roumanie. Workshop étudiants design & espace – ESAAA – 2017