Les enregistrement présentés ici sont des illustrations des effets sonores repérés & décrits dans le Répertoire des effets sonores

« À l’Écoute de l’environnement — Répertoire des effets sonores ».

 

ACCELERANDO

Indication musicale appelant à accélérer la vitesse d’exécution, et donc le tempo du morceau. Il se rattache aux effets d’interprétation musicale. En dehors du domaine musical, on observe cet effet sur des sons en série: cris d’animaux, salves…

Accelerando dans le refrain de la chanson « kalinka »

Accelerando d’un train au départ

Effet opposé : Rallentando.


 

ANAMNESE

Effet de réminiscence. Un signal ou un contexte sonores provoquent chez un auditeur le retour à la conscience d’une situation ou d’une atmosphère passées. Effet de sens, il caractérise le déclenchement, le plus souvent involontaire, de la mémoire par l’écoute, et le pouvoir d’évocation des sons.

Illustration métaphorique à travers le son et/ou la musique

Effet proche : Phonomnèse.
Effet opposé : Anticipation.


 

ANTICIPATION

Dans l’attente d’une situation sonore à venir, une personne « pré-entend » — c’est-à-dire croit entendre effectivement — le signal attendu, alors qu’aucun son n’a encore été émis. Cet effet s’observe aussi bien dans des situations d’attente de sons inconnus, où le moindre bruissement devient indice, que dans des circonstances familières où l’auditeur anticipe un contexte sonore prévisible (pré-audible) dans sa mémoire.

Effet opposé : Anamnèse, Rémanence.


 

ASYNDETE
Suppression de la perception ou du souvenir d’un ou plusieurs éléments sonores dans un ensemble audible. Complémentaire de l’effet de synecdoque, l’effet d’asyndète permet la valorisation d’une partie de l’environnement en évacuant de la conscience les éléments inutiles.

Explication/illustration en situation par JPThibaud

Effet proche : Gommage.


 

ATTRACTION

Effet phonotropique par lequel, de manière incontrôlée ou consciente, un phénomène sonore émer-geant attire et polarise l’attention. L’amplitude de cet effet peut aller de la captation passagère de l’intérêt jusqu’à la mobilisation complète de tout le comportement.
Dans les rues très fréquentées, les chanteurs ou groupes musicaux ont pour objectif de focaliser pour un temps l’attention des passants.

Dans une rue passante, un mystique harangue les passants, un groupe se forme autour de lui pour l’écouter…

Un mendiant agite quelques pièces dans sa sébile pour attirer l’attention des passants

Effet opposé : Répulsion.


 

BOURDON

Effet caractérisant la présence dans un ensemble sonore d’une strate constante, de hauteur stable et sans variation notoire d’intensité. Lié à la musique dans sa désignation (le bourdon est un son permanent grave sur lequel reposent certains morceaux), il s’observe également dans les paysages sonores industriels et urbains. De nombreux systèmes techniques engendrent des constances sonores qui se rapprochent de cet effet (ventilations mécaniques, tubes fluorescents, ronronnement des moteurs…), même si les fréquences concernées ne se limitent pas aux sons graves qui le caractérisaient à l’origine.

Bourdon d’une vielle à roue 

Bourdon d’un moteur

bourdon d’une ventillation

2 bourdons différents de VMC dans une cuisine

synonymes : Teneur, Continuum, Drône.


 

CHORUS

Effet électroacoustique qui consiste à mélanger un signal direct avec une partie de lui-même légèrement retardée et modulée par un oscillateur de basses fréquences. Le déphasage variable ainsi produit enrichit le son original en donnant la sensation d’une multiplication des unités sonores d’où sa référence au chœur, somme de voix individuelles.

 Une phrase de guitare sans, puis avec chorus

Effet voisin : phase


 

CITATION

Émergence dans un contexte présent d’un fragment sonore dont la référence sémantique est avérée. La citation est une reprise textuelle et n’implique pas de distance, comme l’imitation par exemple. Cet effet se repère aisément dans l’univers musical ou verbal, mais s’observe également dans l’environnement sonore quotidien.

Citation dans l’Ouverture 1812 de P.Tchaïkovsky

Effets voisins : Imitation, Reprise


 

COCKTAIL ou COCKTAIL-PARTY

« Dans un environnement bruyant, la perception de la parole repose en partie sur la faculté que nous avons de concentrer notre attention sur un interlocuteur, tout en ignorant les informations nuisibles provenant de l’entourage. Depuis la publication de Cherry (1953), ce phénomène est souvent désigné sous ce nom (voir aussi Plomb, 1977). Du point de vue physique, un des éléments prépondérants dans cet effet est la séparation spatiale du bruit et de la parole. Par conséquent, on peut penser que, du point de vue psychophysique, l’écoute sélective est régie par notre capacité à discriminer dans l’espace des sons de provenances différentes, autrement dit par notre capacité à localiser dans le bruit. »

voir : CANEVET (G.).- Audition binaurale et localisation auditive in Psychoacoustique et perception auditive.- Paris : INSERM-SFA-CNET, 1989, p. 107.

Entrée, traversée & sortie d’une cocktail-party (salon du predit-1998 à Lille)

Effet proche : Métabole.


 

COLORATION

Effet décrivant la part spécifique d’un lieu, d’un système électroacoustique ou d’un instrument dans le nouvel équilibre des fréquences que reçoit un message sonore lors de sa diffusion. On parlera de la «couleur» d’une salle ou de la «couleur» d’une enceinte acoustique. Lié à l’effet de filtrage, l’effet de coloration recouvre un emploi plus vulgarisé que celui-ci. Pour les oreilles non exercées, on perçoit particulièrement bien la coloration d’une situation sonore lorsque la couleur change rapidement, par exemple dans la transition intérieur / extérieur bien articulée dans les bandes-son de certains films, ou lors de l’entrée du pupitre des bois (flûte, clarinette, basson, hautbois…) dans le flux du quatuor des cordes.

Effet de coloration dans le contrapunctus II de l’Art de la fugue orchestré par N.Marriner : un quatuor de vents remplace le quatuor de cordes

Court extrait d’une création radiophonique (Paroles du dedans : Centrale de St Maur de René Farabet) : d’abord l’original puis sa diffusion sur les HP d’une grande salle lors d’une conférence.

Effet proche : Filtrage.


 

COMPRESSION

Effet électro-acoustique. Un compresseur permet de réduire la dynamique d’un signal en relevant les niveaux de faible intensité et en abaissant ceux de forte intensité. Il permet par exemple d’adapter un signal musical à des supports acceptant des dynamiques très différentes : disque vinyle, cassette, disque compact.

 Une phrase de guitare sans, puis avec compression

Effet proche : Limitation.
Effet opposé : Expansion.


 

COUPLAGE

Interaction de deux phénomènes sonores qui sans être nécessairement dans un rapport causal l’un avec l’autre, sont perçus comme à la fois distincts et liés. En architecture, par exemple, on observe les influences réciproques des réverbérations différentes de deux volumes contigus.

Lecture illustrative de la définition de l’effet dans un espace clos & mat puis en ouvrant la porte vers un espace réverbérant.

 


 

COUPURE

Chute soudaine d’intensité qui peut être associée à un brusque changement d’enveloppe spectrale ou à une modification de la réverbération (par exemple dans le sens réverbérant / mat). L’effet de coupure est l’un des grands modes d’articulation sonore entre les espaces et les lieux. Il établit clairement le passage d’une ambiance sonore à une autre.
Deux catégories de coupure peuvent être distinguées: soit l’effet est produit au niveau de l’émission (coupure d’une source sonore), soit il est déterminé par les conditions de propagation (organisation de l’espace). Dans tous les cas, il rend pleinement perceptible la modification de l’ambiance sonore. Cet effet touche particulièrement la composition et l’organisation de la matière sonore. La notion de coupure joue ainsi un rôle structurant dans la perception de l’espace et du temps, en permettant d’en distinguer ou d’en différencier les parties et séquences.

Coupure à l’arrêt d’un moteur

Coupure par changement de réverbération (intérieur / extérieur de l’espace 600 à Grenoble)

Coupure progressive qui entraine un changement d’ambiance (gare de tram de grand’place à Grenoble)

Coupure dans un trajet dûe à l’architecture (commentaire de JFAugoyard)

Coupure à l’entrée dans un bâtiment (bibliothèque Tintal – Bogota)

Effets proches : Parenthèse, Gommage, Estompage.
Effets opposés : Fondu enchaîné, Irruption.


 

CRENEAU

Occurrence d’une émission sonore au moment où le contexte est le plus favorable et ménage une place particulièrement adaptée à son expression. Les créneaux peuvent opérer sur chaque composante du son : intensité, hauteur, timbre, rythme. Cet effet, croisant un message sonore et son contexte, est l’un des instruments-clés de l’action sonore.
Le contexte est à envisager ici selon ses deux dimensions: spatiale et temporelle.

Voix d’une guide dans le brouhaha d’un musée

Chanteur de rue

Effets proches : Coupure, Émergence, Enchaînement, Intrusion, Irruption, Synecdoque.


 

CRESCENDO

Effet produit par une augmentation progressive de l’intensité d’un son.Cet effet, bien connu et faisant l’objet d’une notation spécifique en musique, est fréquemment repérable dans les contextes les plus divers : rapprochement d’une source sonore, accélération d’un véhicule, démarrage d’une machine, montée d’une rumeur etc.

Crescendo/decrescendo d’un vieux train qui passe

Effet opposé : Decrescendo.


 

DEBUREAU

Curiosité portée sur un son encore inouï, comme par exemple la voix d’une personne muette. De Debureau (1796-1846), mime célèbre au procès duquel le Tout-Paris se déplaça pour entendre sa voix. Par ex-tension, cet effet caractérise l’identification d’une source et le constat qu’une fois découverte, celle-ci n’a plus aucun intérêt.

effet décrit par M.Chion in La voix au cinéma, Editions de l’Etoile/Cahiers du Cinéma, 1982, pp 86-89


 

DECALAGE ou DECONTEXTUALISATION

Intervention incongrue d’un son ou d’un groupe de sons dans le fais-ceau de cohérences caractérisant une situation déjà expérimentée, ou dans une situation dont le contenu sonore est prévisible. Par exemple, l’audition de sons de l’espace privé dans l’espace public.

Dans un parc à Marseille, vent dans les arbres, insectes… et le passage d’un joggueur qui chante avec son walkman

Pendant l’enregistrement d’une rivière, le preneur de son profite de la réverbération sous un pont pour s’exercer à des chants harmoniques


 

DECRESCENDO

Effet produit par une diminution progressive de l’intensité sonore. Indiquée spécifiquement en musique pour accompagner la fin d’un mouvement, la décroissance du son se repère aussi dans de très divers contextes, qu’elle soit due à un éloignement de la source ou à l’arrêt d’une machine par exemple.

Decrescendo dans une cour d’école à la fin de la récré

Decrescendo d’un orage qui s’éloigne

Effet opposé : Crescendo.


 

DÉLAI

Au sens générique, le délai désigne tout retard entre l’émission d’un son et sa répétition. L’écho ou la réverbération sont donc des formes de délais. Comme effet électro-acoustique, le délai s’applique à des retards gradués en millisecondes, généralement inférieurs à une seconde, et est utilisé pour donner de l’épaisseur à un son ou pour le spatialiser dans l’espace stéréophonique.

Annonces sur les quais d’une gare – délai dû à la distance qui sépare les différents HP

Effet proche : Écho, Réverbération.


 

DÉLOCALISATION

Forme minorée de l’effet d’ubiquité. S’il peut y avoir délocalisation sans ubiquité, il ne peut pas y avoir ubiquité sans délocalisation. Cet effet implique la reconnaissance d’une erreur dans la localisation de la source sonore : comme dans l’effet d’ubiquité, on ne sait pas d’où vient le son ; à la différence de l’effet d’ubiquité, on sait précisément d’où il paraît venir — tout en sachant que c’est une illusion.

Une sirène qui semble provenir d’un garage bien que celà soit impossible…

Effet proche : Ubiquité.


 

DESYNCHRONISATION

Effet de décontextualisation temporelle, il caractérise l’émergence d’une émission sonore qui rompt la régularité d’un rythme ou d’un calendrier sonore bien établis, et produit un sentiment d’incongruité par rapport à l’ordre précédent. La dimension sociale de cet effet est capitale.

Effet proche : Décalage.


 

DILATATION

Sensation de l’émetteur concernant l’aire de propagation et la sensibilité auditive d’autrui : il a le sentiment que les sons qu’il produit porteront loin et seront bien entendus (mouvement de diastole). Cet effet agit autant dans sa dimension d’anticipation que comme mode de perception pour l’émetteur pendant l’action. L’éthologie fourmille de cas représentatifs de ce marquage sonore préventif ; exemple: les usagers peu coutumiers du téléphone parlent d’autant plus fort que le correspondant est loin.

Dilatation de l’espace entre une rue étroite & circulante & une large esplanade calme 

Effet opposé : Rétrécissement.


 

DISTORSION

Déformation de certaines fréquences de l’enveloppe spectrale d’un son. Par rapport au filtrage, la distorsion agit davantage par addition que par soustraction. Comme effet électro-acoustique, la distorsion se manifeste soit de manière involontaire dans la chaîne électrophonique lorsque des saturations se produisent au cours de l’amplification, soit comme additif spécifique destiné à déformer volontairement le son d’un instrument, la guitare électrique notamment.

Une phrase de guitare sans, puis avec distortion

Distortion de la voix par le système de sonorisation

Effet proche : Filtrage, Fuzz.


 

DOPPLER

Modification de la perception des fréquences d’une source liée à un déplacement entre la source sonore et son point d’écoute. Un signal sonore qui s’approche est perçu comme plus aigu qu’il n’émet, et plus grave lorsqu’il s’éloigne. Ce phénomène provient de la superposition de la vitesse propre de propagation du son avec la vitesse de déplacement de la source. Lorsqu’elles vont dans le même sens, les vitesses s’ajoutent, la fréquence perçue augmente. Dans le cas contraire, la fréquence perçue diminue. Lors du brusque changement du sens de déplacement de la source par rapport à l’écoutant, cet effet s’accompagne d’un effet complémentaire de rapprochement-éloignement.

Passage de mobylettes

Passage d’un avion


 

ÉCHO

Phénomène observable dans la nature, l’écho est la répétition simple ou multiple d’une émission sonore, liée à une réflexion dans l’espace de diffusion. Nom d’une nymphe de la mythologie condamnée à ne jamais parler la première et à seulement répéter les dernières syllabes d’autrui.
La signification psychogénétique de cet effet a été soulignée comme étant peut-être aussi importante que le stade du miroir.

Écho dans la montagne

Effet d’écho utilisé (imitation) dans un chant tyrolien


 

ÉCHO FLOTTANT

Dans la réverbération d’une salle, émergence d’une fréquence particulière et de ses harmoniques qui stationnent entre deux murs parallèles et réfléchissants

voir aussi : http://faceoondes.fr/echo-flottant/

Repérage de l’effet par JPOdion dans un amphi de l’université à Grenoble.

Garage souterrain de l’EnsAG à Grenoble

Évolution de l’écho flottant dans le portique d’entrée de la fondation Serralves à Porto

Évolution d’un écho dans un grand cercle en pierre – Mar bella – Barcelona

Dans une installation artistique circulaire à Venezia – biennale 2005

Petit passage entre 2 immeubles (forme en U) – Barcelona

Petit passage sous l’autoroute (forme en trapèze) – Helinki – Kontula

Grande salle de la fondation Guggenheim à Bilbao

Niches en azuleiros à l’extrémité du pavillon portugais (arch. A.Siza) – Lisboa – expo 98

Galerie supérieure de la station de métro Chiado (forme en demi cylindre) – Lisboa

Une des célèbres arcades du centre de Bologna 
(on commence à discerner la nuance parabolique de l’effet)

Petite voute débouchant sur la plage de Mar-bella à Barcelona (étude des variations spectrales de l’effet)

Passage sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon

Dans un oeuvre de RSerra composée de deux murs de métal en forme de « S » (Guggenheim-Bilbao)

Effet proche : Écho, Réverbération, Ping-pong.

 


 

ÉMERGENCE

Effet générique regroupant toutes les occurrences sonores apparaissant nettement dans un contexte donné. L’évidence de l’émergence ne concerne pas seulement le rapport faible intensité-forte intensité, mais aussi les différences de hauteurs, de timbres, de rythmes. C’est davantage l’affirmation d’un nouveau son qui marque cet effet que ses modalités d’apparition, celles-ci relevant plutôt des effets avec lesquels il se conjugue.

Émergence des sirènes des bâteaux qui se signalent ainsi, un jour de brouillard sur la lagune de Venezia

Effet proche : Créneau, Intrusion, Irruption.


 

ENCHAINEMENT

Effet de réactions en chaîne. Un événement sonore provoque une réponse sonore qui en entraîne une autre, et ainsi de suite. Par exemple, des inductions successives réglées consciemment ou inconsciemment peuvent aboutir à un phénomène d’escalade sonore.
Les situations de foule sont propices à l’apparition de cet effet; ainsi, les applaudissements après un spectacle peuvent-ils être lancés par un petit noyau de gens, voire un seul spectateur, et entraîner progressivement la masse globale du public jusqu’à une manifestation dont la force dépasse largement la somme des satisfactions individuelles.


 

ENVELOPPEMENT

Sensation d’être environné par une matière sonore ayant la capacité de créer un ensemble autonome qui prédomine sur les autres éléments circonstanciels du moment. Cet effet s’applique parfois à des situations négatives, mais il provoque le plus souvent des réactions analogues à celles de l’envoûtement : sidération, ravissement.

Dans la carlingue d’un avion en vol : enfants & conversations discrètes, enveloppées dans le bruit de fond des moteurs


 

ESTOMPAGE

Disparition d’une atmosphère sonore sans que l’auditeur s’en aperçoive. Ce n’est qu’après-coup qu’il en constate l’absence.

Effets voisins : fading, decrescendo
Effet contraire : émergence


 

EXPANSION

Effet électro-acoustique. Un expanseur remonte le signal au-dessus du seuil d’intensité choisi. Il évite à des signaux très faibles d’être noyés dans le bruit de fond et augmente l’impact énergétique du signal.

Effet opposé : Compression.


 

FADING

Extinction du son par une baisse progressive de l’intensité. Un fader est un potentiomètre de contrôle de volume.

Effets voisins : decrescendo, estompage

 


 

FEED-BACK

Le feed back, ou réinjection, trouve une acception sonore particulière en électroacoustique musicale. Effet de larsen contrôlé, il caractérise notamment la boucle sonore établie entre les micros d’une guitare électrique et le haut-parleur qui l’amplifie. Le guitariste module le larsen ainsi créé en jouant sur l’orientation de son instrument par rapport à l’amplificateur; de ce fait, il contrôle la réinjection du signal sur lui-même aboutissant à un son tenu souvent distordu.

voir : Jimi Hendrix guitar feedback

Effets voisins : Larsen Distorsion Flange

 


 

FILTRAGE

Renforcement ou affaiblissement de certaines fréquences d’un son. La modification de l’enveloppe spectrale peut être due à des déformations liées au mode d’émission, à l’espace de propagation ou à un filtrage électro-acoustique, permettant d’agir volontairement sur la courbe de réponse.

Filtrage de l’alarme-incendie par les différents espaces parcourus dans l’école d’architecture de Grenoble – 2014

Filtrage de la voix qui passe dans un tuyau de 100 m (expo sur le son « plein les oreilles » 2005)

Filtrage (créneau) : la voix du commandant de bord est filtrée par le système de diffusion pour être clairement perçu malgré le bruit des moteurs

Effet proche : Distorsion.


 

FLANGE

Effet d’électroacoustique musicale qui mixe un son direct avec sa propre réinjection retardée, créant par là un effet de phase. Le dosage de l’intensité de la réinjection et la possibilité de moduler le filtrage des fréquences permettent d’agir sur la dimension évolutive du son.

Une phrase de guitare sans, puis avec flange

Effets voisins : phase feed back


 

FONDU ENCHAINÉ

Quand l’effet de coupure décrit le passage d’un état sonore à un autre, le fondu enchaîné s’applique à la transition progressive entre les deux, en croisant la décroissance du premier avec l’apparition crois-sante du second.

Fondu enchainé de plusieurs micro-scène dans une à arcades d’Annecy

Fondu enchainé entre l’intérieur d’une cathédrale & la sortie vers la rue (la almudena – Madrid)

Fondu enchainé à la sortie d’un espace très réverbérant (pigeons) vers l’extérieur (cigales)

Effet opposé : Coupure.


 

GOMMAGE

Évacuation de la perception ou du souvenir d’un ou plusieurs éléments sonores dans un ensemble audible. Cette figure d’asyndète est un effet fondamental de l’audition quotidienne. La très grande partie des sons audibles en une journée est entendue sans être écoutée et oubliée.

 

Effet proche : Asyndète.


 

HAAS

Réverbération artificielle qui correspond à un décalage dans la perception, entre l’onde directe et l’onde réfléchie, de l’ordre de 1 à 30 millisecondes. L’effet Haas est principalement utilisé dans la sonorisation de concerts.

voir aussi  : http://www.sonorisation-spectacle.org/effet-haas.html


 

HARMONISATION

Effet d’électro-acoustique musicale. Un harmonizer permet la transposition d’un signal et le mixage des différentes hauteurs ainsi créées. Les accords qu’il agence s’accompagnent souvent d’un délai pour spatialiser chaque élément et rendre la restitution plus claire.


 

HYPERLOCALISATION

Effet psychomoteur lié au caractère ponctuel d’une source sonore, focalisant irrésisti-blement l’attention de l’auditeur sur le point d’émission. Lorsque la source se déplace, le son continue d’être suivi à la trace. Il est souvent consécutif à des transmissions solidiennes, comme par exemple une bille roulant à l’étage au-dessus.

Effet opposé : Ubiquité.


 

IMITATION

Effet de sens par lequel, de manière consciente, une émission sonore est produite selon un style de référence. Agissant comme effet sémantique, l’imitation met en jeu un code culturel qui permet la reconnaissance de ce style à travers l’émission sonore. L’effet d’imitation agit au niveau de la structure, de la forme globale, d’une manière complexe; il implique l’intentionnalité de l’émetteur et, pour être convenablement perçu, la connaissance du référent de la part de l’auditeur.

Imitation du moteur de mobylette

Effet proche : Citation.


 

IMMERSION

Dominance d’un micro-milieu sonore qui s’inscrit sur un champ perceptif lointain ou de second plan. Même si l’élément sonore immergé apparaît de manière temporaire, la perception majeure de cet effet est de le ressentir positionné en permanence sur une toile de fond.
Le cadre naturel offre des circonstances souvent propices à la prise de conscience de cet effet: par exemple, l’écoute de bribes d’une conversation ou d’une chanson face à la mer, la musique d’un manège sur une plage. Là, la rumeur des flots dresse un décor permanent donnant l’impression de contenir la situation sonore de premier plan. Sur un mode moins poétique, le drône urbain peut parfois donner l’impression de tisser une trame permanente sur laquelle semblent s’accrocher les activités sonores individuelles.

Immersion des conversations dans le bruit de fond de l’immense hall de l’ancienne gare d’Atocha à Madrid


 

INTRUSION

Effet psychomoteur lié à la territorialité : la présence intempestive d’un son ou d’un ensemble de sons à l’intérieur d’un territoire protégé donne le sentiment de la violation de cet espace, notamment lorsqu’il s’agit de la sphère privée.

Intrusion d’une musique enregistrée pendant un office religieux (chapelle de plonivel)

Douce intrusion : lorsque dans les quelques secondes de silence qui précèdent le début d’un concert, un enfant dans le public se met à babiller…

Effet proche : Irruption.


 

IRRUPTION

Événement sonore imprévu modifiant le climat du moment et le comportement de manière caractérisée. Cet effet est au temps ce que l’effet d’intrusion est à l’espace.
Par exemple, malgré la généralisation de son usage, la sonnerie du téléphone demeure pour beaucoup de personnes un événement sonore agressif, moins par son timbre qui a su s’adoucir, que par son caractère imprévu et impérieux: non seulement, un appel interrompt l’état présent mais il dicte un nouveau comportement pendant un temps donné.

Irruption d’une annonce dans les haut-parleurs

Effet proche : Intrusion.


LARSEN

Boucle qui s’établit dans une chaîne électroacoustique entre un microphone et les haut-parleurs qui l’amplifient, réinjectant sans cesse le signal sur lui-même

Larsen dans un petit HP


 

LIMITATION 

Effet électroacoustique. Un limiteur empêche un signal sonore de dépasser un seuil d’intensité déterminé, réduisant ainsi ses passages très intenses et ses crêtes. Il est utilisé pour augmenter la dynamique moyenne.
Effet voisin : compression


 

LOMBARD

Comportement par lequel plus l’intensité d’un environnement sonore augmente, plus la vigilance croît, sans préjuger de l’intelligibilité du signal. On a pu constater dans l’industrie une augmentation de l’attention auditive liée à une augmentation du niveau sonore même lorsque celui-ci atteint ou dépasse le seuil légal (plus de 85 dBA), niveau à partir duquel peuvent apparaître des surdités professionnelles.


 

MASQUE

Présence d’un son qui, par son niveau ou la répartition de ses fréquences, recouvre complètement ou partiellement un autre son. Cet effet, facile à mettre en évidence sur le plan de l’acoustique physique, comporte une correspondance subjective au plan psychophysiologique.

Voix masquée par la circulation (Grenoble)

Voix masquée par la circulation (Lesconil)

Environnement urbain masqué par une fontaine

Voix masquée par des travaux

Voix masquée par une rivière souterraine

Une violoniste de rue masquée par la circulation


 

MATITÉ

Effet contraire de la réverbération, la matité absolue implique l’absence totale de réflexions d’un signal sonore. Une salle est jugée « mate » lorsque beaucoup de matériaux absorbants empêchent la diffusion des ondes réfléchies.

Effet opposé. : Réverbération.


 

MÉTABOLE

Effet perceptif sonore décrivant les relations instables et métamorphiques entre les éléments composant un ensemble sonore. Figure classique de la rhétorique, la métabole caractérise l’instabilité dans le rapport structural qui lie les parties d’un ensemble, et donc, la possibilité de commuter dans n’importe quel ordre les composants élémentaires d’une totalité, la faisant percevoir comme étant en perpétuelle transition.
En grec ancien, le mot metabolos signifie ce qui est changeant, quelque chose qui est en métamorphose. Ici, le changement considéré affecte le rapport des éléments qui composent l’environnement sonore, celui-ci pouvant se définir comme l’addition et la superposition de sources multiples entendues simultanément.

Galerie marchande des Halles (espace intérieur)

Foule (espace extérieur)

voir aussi : 26 fragments sonores métaboliques en milieu urbain


 

MIXAGE

Compénétration de sources sonores différentes et simultanées. Cet effet suppose des niveaux d’intensité proches entre les divers sons en présence. Il se repère surtout dans des espaces de transition susceptibles de recevoir des ambiances sonores provenant de différents lieux. L’auditeur se trouve alors dans une situation paradoxale où il est difficile de choisir ce qu’il veut entendre, la concurrence des sons entraîne l’indécision.

Mixage des sons dans un bar à Foligno (clients – radio – jeux – perco…)

Un sanctuaire religieux & touristique : mixage des cloches & d’une musique d’ambiance


 

MUR

Effet composite où une intensité forte et continue donne à l’auditeur l’impression que l’ensemble des sons se matérialise sous la forme d’un mur. Cette sensation de solidification du son s’accompagne d’un sentiment d’impuissance et d’écrasement.


 

NOISE-GATE

Effet d’électroacoustique musicale. Etablissement d’un seuil d’intensité, littéralement d’une «porte de bruit», en deçà duquel le signal est automatiquement coupé. Le choix de la pente de coupure du son intervient directement sur l’attaque et sur le traînage, permettant, par exemple, de ne garder que l’impact le plus dynamique d’un son.


 

PARENTHÈSE

Émergence d’un changement d’ambiance sonore momentanée dans une organisation perceptive complexe, qui paraît ne pas affecter les conduites ni marquer le souvenir. La parenthèse est un effet de gommage à l’échelle d’une séquence tout entière.
L’exemple le plus courant en est la réception d’un appel téléphonique qui interrompt une conversation, la suspend un instant, et lui permet de reprendre à l’endroit de l’interruption sans en altérer le suivi.

Parenthèse dans une conversation (chapelle de plonivel)

Effet proche : Gommage.


 

PERDITION

Effet sémantique que l’on pourrait également nommer effet de déréliction ou encore de déperdition. Il s’attache à un sentiment de perdition, au double sens d’une détresse de l’âme et de la dissipation d’un motif sonore. Le son semble émis pour rien, «à la cantonade», «à qui veut l’entendre», mais sans retour. C’est un son sans destination, absurde au sens étymologique, dont toute l’expression n’est que signe d’impuissance. Souvent caractéristique d’une souffrance extrême, cet effet, dont les pleurs et les gémissements constituent la matière sonore principale, accompagne les situations violentes ou douloureuses de la vie.

Effet opposé : Sharawadgi.


 

PHASE ou PHASING

Effet acoustique désynchronisant les cycles de deux émissions simultanées d’un signal sonore. L’effet de phase est en fait un effet de déphasage soit parce que deux périodes identiques ne débutent pas au même point de leur courbe, soit parce que, débutant au même endroit, elles n’ont pas la même durée.

Effet voisin:chorus

 


 

PHONOMNÈSE

Imagination d’un son sans écoute effective. La phonomnèse est une activité mentale qui utilise l’écoute intérieure pour rappeler à la mémoire des sons liés à une situation, ou pour créer des textures sonores, dans le cadre de la composition musicale par exemple.
Proche de l’anamnèse par son aspect plus intérieur que directement sonore, l’effet de phonomnèse consiste à imaginer un son. Dans ce cas, ce n’est plus une situation sonore qui déclenche un processus de mémoire, mais une situation vécue qui engendre une écoute interne et silencieuse. Il n’y a d’ailleurs pas de stricte causalité entre le vécu et l’imagination sonore. Celle-ci peut s’exercer de multiples façons: par la remémoration d’un air, par le jeu intérieur d’une même mélodie portée par des instruments de timbres différents, par l’invention d’images sonores musicales ou non.

 Évocation d’un son de l’enfance par J.F.Augoyard

Effet proche : Anamnèse.


 

PHONOTONIE

Cet effet, dit aussi effet phonotonique, caractérise le sentiment d’euphorie provoqué par une perception sonore. Il induit parfois directement un comportement: regain d’activité, mouvement collectif, gestes réflexes… L’écoute musicale a souvent ce rôle fonctionnel dans le travail individuel ou collectif.


 

PLEURAGE

Effet caractérisant les variations de hauteur d’un message sonore, liées à la rotation irrégulière d’une platine de lecture de disques vinyle ou d’une bande magnétique analogique entraînée par un mécanisme défaillant. L’analogie avec les pleurs est particulièrement évidente pour des sons tenus.

Vieille bande magnétique


 

RALLENTANDO

Indication musicale (en abrégé « rall ») appelant à ralentir la vitesse d’exécution, et donc le tempo du morceau.

Rallentando dans un passage de l’Ouverture 1812 de P.Tchaïkovsky

Effet opposé : Accelerando.


 

RÉMANENCE

Perdurance d’un son qui n’est plus entendu. Après extinction de l’émission et de la propagation, le son donne l’impression d’être encore « dans l’oreille ». Cet effet mnémique est souvent utilisé en musique : permanence du climat tonal ou modal de référence, impression d’entendre toujours un bourdon arrêté, mouvements mélismatiques rendant virtuellement présent un son absent.

Lorsque le train disparait au loin, le son semble ne jamais finir…

Effet proche : Anamnèse, Bourdon, Phonomnèse, Reprise.
Effet opposé : Anticipation, Gommage.


 

RÉPÉTITION

Réapparition d’occurrences sonores semblables. Cet effet joue sur un double registre : d’une part, il marque des phénomènes d’automatismes, machinaux, impliquant un assujettissement, et d’autre part, il caractérise les phénomènes de retour, de reprise, d’enrichissement par l’accumulation.

Sur un chantier

 Sur un chalutier

Effet proche : Reprise, Vague.


 

REPRISE

Indication musicale appelant à la répétition réglée et identique d’un motif sonore (phrase, refrain, ritournelle). La reprise peut avoir lieu soit immédiatement après l’exposition du thème, qui est alors bissé, soit après un ou plusieurs développements. Elle n’implique pas de modification du motif original.

Effet proche : Répétition.


 

RÉPULSION

Effet psychomoteur par lequel, de manière incontrôlée ou consciente, un phénomène sonore provoque une attitude de rejet, ainsi que des conduites de fuite esquissées ou réelles. Les exemples en sont nombreux dans le monde humain ou animal: froissement du papier d’aluminium pour un chat et crissements aigus pour l’homme (craie sur l’ardoise, pointe de métal sur une surface dure).

Effet opposé : Attraction.


 

RÉSONANCE

Mise en vibration par voie aérienne ou solidienne d’un élément solide. Pour qu’il y ait résonance, il faut la conjonction d’un niveau acoustique relativement élevé et d’un accord entre une fréquence excitatrice et l’objet mis en vibration. À noter que, dans le langage courant, le terme « résonance » désigne tout effet sonore repérable acoustiquement, et notamment la réverbération.

Recherche (à la voix) de la fréquence de résonance d’un espace sphérique en béton (principe ALovag) à Clermont-Ferrand

Résonance d’une rambarde en acier

Résonance stationnaire de certaines fréquences générées par les sons des cloches à Venezia (à noter l’indépendance de ces fréquences par rapport au rythme des cloches)

Effet proche : Réverbération.
Effet opposé : Coupure.


 

RÉTRÉCISSEMENT

Sensation du rapprochement des limites d’un espace que peut éprouver un émetteur à l’écoute du retour de son propre message. Cet effet de perception spatiale, caractéristique d’un milieu réverbérant, se situe sur l’échelle allant de la réverbération à la matité.

En quelques pas dans les rues du Caire, passage de la rue à un porche

Effet opposé : Dilatation.


 

RÉVERBERATION

Effet de propagation par lequel les sensations auditives persistent après l’arrêt de l’émission sonore. Au signal direct s’ajoutent l’ensemble des réflexions du son contre les parois d’un espace. Plus celles-ci conservent longtemps leur énergie, plus le temps de réverbération est long. Dans le langage courant, la réverbération est souvent désignée sous l’appellation d’effet « cathédrale ».

Annonces dans la gare de Bologna

Grande salle en ogive du musée de Stara Zagora

Annonces rendues inintelligibles par la réverbération de l’espace (en demi-cylindre) – musée d’Orsay à Paris

Plantage de nouveaux pilotis sur le quai de la Dogana à Venezia : limite entre la réverbération & l’écho. (à noter à certains moments selon la distance & l’orientation, le signal réverbéré semble plus fort que le signal direct)

Étrange réverbération artificielle dans le pavillon norvégien des Giardini – biennale de venezia 2005

Effet proche : Écho, Résonance, Traînage.
Effet opposé : Matité.


 

RUMBLE

Littéralement : grondement. Effet caractérisant le ronflement intempestif du moteur d’une platine tourne-disques capté par la cellule de lecture, et mélangé au signal musical.

Rumble d’une platine tourne-disques


 

SHARAWADGI

Cet effet esthétique caractérise la sensation de plénitude qui se crée parfois lors de la contemplation d’un motif sonore ou d’un paysage sonore complexe dont la beauté est inexplicable. Le terme exotique, que les voyageurs ont introduit en Europe au xviie siècle à leur retour de Chine, désigne «la beauté qui advient sans que soit discernable l’ordre ou l’économie de la chose. Ainsi, lorsque les Chinois visitent un jardin dont la beauté frappe leur imagination par son absence de dessein, ils ont coutume de dire que son «sharawadji» est admirable». Cet ordre virtuel, insaisissable et présent, fascine, coupe le souffle. L’effet sharawadji survient contre toute attente et transporte dans un ailleurs, un au-delà de la stricte représentation — hors contexte. Dans cette confusion brutalement présente, les sens, comme le sens, s’y perdent.

[Cf. : MARIN (L.).- L’Effet sharawadgi ou le jardin de Julie.- Paris : Traverses, 1979, n° 4-5, p. 114]

Lors d’un spectacle de rue, valse triste & la pluie sur les parapluies des spectateurs

Effet proche : Attraction.
Effet opposé : Répulsion.


 

SUSPENSION

Effet de composition caractérisé par le sentiment d’incomplétude de la séquence sonore entendue : le son est comme suspendu et en attente d’une suite. Il laisse l’auditeur dans l’incertitude, l’indécision ou l’impuissance. Dans sa dimension esthétique, cet effet correspond au principe d’inachèvement de l’œuvre, et, dans sa dimension psychosociologique, aux situations d’attente. La signalétique sonore et les jingles sont un mode de suspension apprivoisée.

 Illustration lors d’une émission de radio…

Effet contraire : l’effet de Parenthèse, qui n’affecte pas les conduites et entrouvre un continuum sans l’altérer.

Effet opposé : Parenthèse.


 

SYNCHRONISATION

Effet psychomoteur par lequel le rythme d’apparition d’un phénomène sonore détermine celui d’une activité individuelle ou collective, perceptive ou motrice. Celle-ci peut elle-même être associée à une production sonore. La synchronisation est l’une des formes majeures de la chronophonie dans la vie sociale, c’est-à-dire de la ponctuation du temps par le sonore.

Synchronisation des applaudissement à la fin d’un concert

Synchronisation / desynchronisation des pas de deux marcheurs 

Synchronisation de 2 voix


 

SYNECDOQUE

Pour l’auditeur d’une ambiance sonore complexe, faculté d’opérer une sélection valorisant un élément ou un autre. Fondamentale, l’écoute sélective traverse la globalité des conduites sonores quotidiennes. Elle s’opère soit par simple vigilance acoustique, soit par détermination d’un critère fonctionnel prédominant, soit par une adhésion à un schéma culturel établissant une hiérarchie.
L’effet de synecdoque est complémentaire de l’effet d’asyndète qui constitue une condition nécessaire à son existence: la valorisation de certains sons nécessite le gommage partiel ou absolu des autres.

Explication/illustration en situation par JPThibaud


 

TÉLÉPHONE

Effet de propagation marquant le filtrage des fréquences graves d’un message et rapprochant son enveloppe spectrale de celle de l’écoute téléphonique. Très souvent repéré dans le domaine de la construction, l’effet téléphone est principalement évoqué à propos des diffusions intempestives et des déformations sonores qu’entraînent les gaines et conduits techniques dans l’habitation. Dans ce cas, par la connotation de pouvoir qu’il peut revêtir en tant qu’intrusion dans la sphère privée ou intime, il se rapproche parfois de l’effet d’ubiquité.

 Filtrage « téléphonique » de la voix dans les haut-parleurs d’un espace public par ailleurs très réverbérant


 

TRAINAGE

Effet acoustique qui décrit la durée résiduelle d’un son, depuis son arrêt jusqu’au silence ou au bruit de fond. Ce laps de temps, variable selon les sons et les espaces de propagation, recouvre les divers modes de dis-parition progressive d’un signal à travers les différentes zones fréquentielles. En lutherie acoustique, on appelle aussi release le temps d’extinction du son une fois qu’il n’est plus émis. À ne pas confondre avec la réverbération, qui concerne l’espace de diffusion.


 

TREMOLO

Battement rapide caractérisant la diffusion d’un son tenu sous la forme de multiples répétitions. Le trémolo découpe effectivement le message en signaux carrés, alors que le vibrato lui fait suivre un mouvement sinusoïdal. En musique, le trille indique un battement rapide entre deux notes voisines.

Trémolo sur une guitare (effet electro-acoustique)

Effet de trémolo produit par une mobylette qui passe derrière une rangée d’arbres

Effet proche : Vibrato.


 

UBIQUITÉ

Effet lié aux conditions spatio-temporelles de propagation, et marquant la difficulté ou l’impossibilité de localiser une source sonore. Dans la variante majeure de l’effet, le son vient de partout et nulle part à la fois. Dans sa variante mineure, il semble venir d’une seule et plusieurs sources à la fois. Au-delà de la seule logique des réflexions d’un son contre les parois d’un espace qui rendent sa localisation plus ou moins facile, l’effet d’ubiquité est une porte ouverte à la dimension métaphysique du sonore.

Effet proche : Délocalisation, Enveloppement, Métabole, Téléphone.
Effet opposé : Debureau, Hyperlocalisation, Synecdoque.


 

VAGUE

Effet de composition décrivant un son ou un groupe de sons que l’on entend suivant une courbe d’intensité dont la forme est analogue à celle de la vague et de son ressac: crescendo, point maximal, rupture du son rapide ou progressive, et decrescendo. Ces cycles, espacés par des intervalles métronomiquement assez longs (plusieurs secondes) se succèdent selon une fréquence régulière ou variable.
Composé de divers effets élémentaires (phase, filtrage), l’effet de vague, que l’on pourrait également nommer effet de ressac, relève d’une métaphore aquatique très explicite dans son image de référence. Le son s’intensifie progressivement, déferle, puis se suspend, donnant l’impression d’un quasi-arrêt et recommence alors son cycle.

Cycles des vagues en méditerranée

 Vagues de circulation sur les grands boulevards

Effet proche : Masque, Phase.
Effet opposé : Émergence.


 

VIBRATO

Vibration affectant un son tenu. Le vibrato introduit une modulation continue d’intensité ou de hauteur permettant d’animer un son de l’intérieur. La voix humaine, les instruments à cordes et à vent impliquent une maîtrise du vibrato qui est l’une des grandes caractéristiques du style des interprètes.

Vibrato au saxophone 

Effet de vibrato produit par une sirène

Effet proche : Trémolo.


 

WHA-WHA

Effet électroacoustique intervenant sur le filtrage d’un son et permettant successivement la soustraction ou le renforcement de diverses fréquences, notamment aiguës. Très utilisé par les guitaristes rock des années soixante-dix et actionné sous la forme d’une pédale additionnelle branchée entre la guitare électrique et son amplificateur, cet effet tire son nom de la simple analogie phonétique.