présentation des enregistrements

Cette « zone test » regroupe une série d’enregistrements commandés à juL McOisans lors de diverses recherches. La plupart du temps, malgré des thématiques variées, l’objectif sous-jacent était de tester dans quelle mesure le son lui-même peut être un outil de représentation.

 

 

Index

1997 – Traversée polyglotte : Musée du Louvre         3min 14s
in Ambiances sous la ville : une approche écologique des espaces publics souterrains

Montage effectué à partir de plusieurs enregistrements de parcours commentés, entre l’entrée supérieure de la Grande pyramide, jusqu’au fossé Charles V, sur le modèle de la « traversée polyglotte » (voir p. 146-147 du rapport). Il s’agit d’un montage cut reprenant dans chacun des parcours les moments où la personne décrit une sensation ou un sentiment, afin d’obtenir, par juxtaposition, une description sensible, à plusieurs voix, tout au long du parcours.
Effectué dès 1997 avec les logiciels rudimentaires de montage-son de l’époque, et à partir d’enregistrements de plus ou moins bonne qualité, ce fragment a une valeur surtout expérimentale.


 

2000 – Les 24 heures de Lesconil : team       7min 40s
in Lesconil – France : contribution à « Acoustic environment in change » six villages

Mixage de 24 fragments enregistrés tout au long de la journée sur la place centrale du village pour en représenter l’ambiance sur 24h.
Les enquêteurs qui se relaient, se présentent, donnent l’heure et parfois décrivent ce qu’ils entendent en langue anglaise. L’évolution du paysage sonore au long de la journée s’entend en arrière plan. La voix et la présence donnent aussi des indications sur le contexte (on entend par exemple le froid de la nuit dans les reniflements de Tero et les craquements de son blouson en cuir ou, plus tard, les voix qui sont peu à peu couvertes par les activités de la ville, puis réapparaissent dans le calme du soir).


 

2000 – occurrence 3.1        2min 59s
in Espaces, musiques, environnement sonore : quels liens entre les recherches sur l’environnement sonore et les musiques ?

Composition effectuée à partir des enregistrements du séminaire dans le but d’apporter une illustration proprement musicale au débat. De chaque intervention, mais aussi de l’ambiance générale du séminaire, ont été tirés certains éléments sonores (bribes de paroles, intonations, toux, murmures & silences, grincements de chaise…) qui servent d’éléments de base à une recomposition prenant en compte à la fois la dimension sémantique (des mots, des objets sonores), & la dimension harmonico-rythmique.


 

2003 – ouverture         21min 25s

A l’occasion de la semaine d’ouverture de l’ENSA Grenoble, parcours à travers les différents espaces de l’école en compagnie & avec les commentaires de certains chercheurs du Cresson. Pensé sur le mode du parcours commenté & de la traversée polyglotte, ce montage était à l’origine le support d’une coupe sonore interactive du bâtiment.


 

2004 – Ciry la suite       49min
in ARCH-ART Projet d’espaces sensoriels dans des contextes territoriaux

Conçue comme une installation sonore, la bande-son originale a été composée sur 8 pistes, diffusées par 8 haut-parleurs répartis sur le site. Il s’agit donc ici d’une réduction audio : de l’octophonie on passe à une bi-phonie, l’objectif étant de produire un fichier audio stéréo diffusable / écoutable sur un système hifi ordinaire.
Cette réduction implique plusieurs conséquences :
– La notion de l’espace sonore est radicalement différente (aplatissement ?) et par conséquent celle de la temporalité puisqu’il ne s’agit plus de parcourir à la fois le son et le site mais de laisser le son se dérouler frontalement.
– Les différentes séquences installées ne pouvant plus être linéaires ni topologiques, il faut donc essayer de les métaboliser : en offrir des occurrences multiformes au cours de l’audition, comme des thèmes & développements…
– Le parcours commenté intervient de manière plus présente, comme s’il y avait un besoin d’être plus informatif sous ce format audio que dans l’installation sur site (sans doute une inflexion vers la forme radiodiffusion… ?)
– Essayer de faire qu’à chaque instant on se (re)trouve dans une ambiance ; s’acheminer d’une écoute focalisée vers une écoute flottante : on baigne dans une ambiance. A partir de 15/20 mn… la longueur devient manière d’user la concentration de l’auditeur afin de souligner/manifester la spécificité d’une installation par rapport à d’autres formes d’écoute.


 

2006 – 5 paesaggi sonori        15min 12s
collaboration avec S.Giamatta & l’Université d’Architecture de Venezia (IUAV) sous la conduite de B.Secci & P.Vigano

Conception de 5 petits paysages audio-video sur la thématique de l’eau & l’asphalte, dans la ville diffuse en Vénétie, dans l’objectif d’illustrer la notion d’isotropie lors de la Xè bienale d’architecture de Venise.

1 – pianura umida : Caposile
2 – aggeratio patavina : S.Maria di Sala
3 – aggeratio tra i fiumi di risorgiva : Mogliano
4 – Cadoneghe, fiume Brenta, fiume Muson
5 – Quarto d’Altino, fiume Sile


 

2009 – générique coquillage        14min 06s
(c’est des coquillages… où on entend la mer…)

Depuis des années on me demande de fournir ou créer des images pour illustrer la recherche sur l’espace sonore et l’environnement urbain qui se produit au sein du laboratoire Cresson. La plupart du temps cette sollicitation sous entends des images visuelles ou textuelles, or justement on s’intéresse ici aux images auditives.

Pour l’entendre il faut fermer les yeux.

La plupart des fragments qui constituent ce montage sont issus d’enregistrements de recherches du laboratoire qui ont été assemblés (composés) de manière à faire sentir à la fois la diversité des approches et la focalisation sur le sentable de situations in situ, comment elles témoignent d’expériences, comment elles définissent un spectre, comment elles se synthétisent en un tout exprimable.

Chacun y entendra des échos à ses questions, à ses souvenirs, à ses rêves ou imaginations, ou y restera sourd.

Ce n’est qu’une image.


 

2009 – 12 minutes de gène sonore        12min 17s

Commande de Rachel Thomas à l’occasion de la « semaine de l’accessibilité » à Grenoble :
produire (composer) une bande-son qui, écoutée au casque pendant un parcours dans l’espace public, empèche d’utiliser l’audition pour se repérér ou se guider. L’objectif (pédagogique) étant de simuler (non pas imiter) la perception des malentendants ou sourds…

Générer une gêne de l’écoute.
Pas seulement un masque pour les oreilles ou un casque d’isolation, mais une incapacité à se concentrer sur l’ouïe, une perturbation (qui ne soit pas agression) de la concentration auditive. suggestions de bruits blancs & roses, d’acouphènes & de bourdons…
Il y a tout ça aussi, mais la gestion dans le temps (une dizaine de mn) oblige à un renouvellement permanent des éléments (objets, effets, dynamiques sonores) pour contrer les phénomènes d’accoutumance, d’habituation, les effets de synecdote ou de gommage. Eléments qui ne doivent pas être sémantiquement trop connotés ou même reconnaissables afin de ne pas, en retour, captiver l’attention de l’écoutant. tout en étant cependant « urbains » (ambiance ?)…un peu paradoxal donc, un peu mission impossible ou du moins expérimentale.

* * *

J’ai essayé par superpositions & déformations de sons enregistrés. par transformation de sons de l’environnement en amas de rythmes et de fréquences +ou- distincts ou distingables, en essayant de rester autour de la limite entre son abstrait (acoustique) & son connoté (sémantique).

Exercice sur la durée aussi : le temps d’un parcours n’est pas celui d’une écoute statique. 10-12 mn c’est un petit parcours mais déjà un long morceau de musique. quelles contraintes, quelles nécessités ou possibilités ou libertés de composition ?


 

2011 – paroles LITTORALES        35min 18s
in Adaptalitt : capacités d’adaptation des sociétés littorales aux phénomènes d’érosion-submersion en prise avec les changements climatiques

Composition à partir des enregistrements de témoignages d’habitants & des reformulations par les chercheurs de l’équipe pour une journée de restitution in situ.

Parle-t-on de changement climatique ou de croyance en le pouvoir de l’état ?
Parle-t-on de vécu, parfois historique, avec des anciens ou de sensible, par chacun, au jour le jour ?
Parle-t-on de mémoire d’hommes ou d’autres choses aussi ?
Parle-t-on d’enquète scientifique ou de la vie d’un lieu ?

On parle de l’océan, du vent, du sable, du village de Gavres, de la dernière guerre et de la dernière tempête, on parle de la résilience de ceux qui en ont vécu d’autres, de l’habitat des 30 glorieuses et de l’industrie mondialisée, on parle de tellurie et de sociologie, on parle du flux et du reflux des temps, de la vie, et de différentes dynamiques qu’on essaie de saisir, de transcrire, de faire sentir…