Interroger la notion de confort dans l’environnement urbain permet de focaliser l’attention sur notre relation aux espaces habités. Plus précisément, il s’agira dans cette école thématique de sonder la notion de confort dans des quartiers dits « innovants » et visant une transition énergétique comme celui de la Presqu’Île à Grenoble. En interrogeant et en relevant les différentes aménités d’un territoire, en identifiant ce qui relève du confort normé (visant une homogénéisation des sensations) et ce qui relève du confort sensible (visant une variation des sensations) nous ouvrirons la question des relations entre un diagnostic sensible capable de porter des intentions de conception et un aménagement urbain encore en devenir.

Nous interrogerons ce territoire de l’énergie et cette question du confort par le sonore et par une exploration pédestre le long d’une traversée prédéfinie (méthode du transect). En suivant en particulier un réseau d’eau traversant la Presqu’Île, le parcours choisi permet de franchir /croiser des espaces souterrains, berges, espaces en construction et des espaces fermés massivement monitorés comme celui de “GreEn-ER”. Cette première expérience immersive permettra de découvrir une typologie sono-spatiale typique de cet endroit.

 

Cette démarche proposée aux participants sera mise en avant par un ensemble de méthodes qui sont à croiser et qui regrouperont des approches qualitatives et quantitatives. Les participants pourront ainsi, après avoir éprouvé physiquement les caractéristiques du terrain, manipuler les dimensions sonores de l’espace à travers différentes méthodes de l’équipe Cresson-AAU : captations sonores, entretiens, modélisations numériques… Ces croisements qui couplent manipulation d’une dimension sensible immersive et analyse ou évaluation ont pour objectif de considérer les différentes manifestations du confort et de développer ainsi une conception plus holistique de cette notion.

 

1 – Apports théoriques & méthodologiques

Présentation du Cresson & des attentes de l’atelier

Nicolas Tixier est architecte. Professeur à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, il enseigne aussi à l’École Supérieure d’Art de l’Agglomération d’Annecy et à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine de Grenoble. Chercheur au CRESSON UMR 1563 Ambiances, Architectures, Urbanités, il mène parallèlement une activité de projet au sein du collectif BazarUrbain. Depuis 2018 il est directeur du Cresson et directeur adjoint de l’UMR AAU. Ses travaux, initialement sur le sonore et la marche, portent actuellement sur le transect urbain comme pratique de terrain, technique de représentation et posture de projet. Dernières publications : Ambiances, tomorrow (en co-dir. avec Nicolas Rémy, actes du 3e congrès international sur les ambiances, Volos, 2016) et Traversées urbaines, villes et films en regard (Genève: MétisPresses, 2015)

 

Confort énergétique
et enjeux de sa représentation 

Cette intervention interroge la prise en compte des ambiances architecturales et urbaines dans le confort énergétique. À travers des dispositifs construits ou imaginés, des postures de projet impulsées et des équipements techniques mobilisés, quelles sont les implications « des projets du confort » dans le « projet d’architecture » ? Il sera question de saisir l’imbrication des phénomènes (climat, lumière et son) et l’intégration des pratiques habitantes dans trois milieux ambiants spécifiques : univers clos maîtrisé, climat utopique et totem urbain énergétique.

  • Sylvie Laroche, co-organisatrice de la 6ème édition de l’École d’Hiver, est docteure en architecture. Elle est actuellement chercheure au CRESSON et ingénieure de recherche dans le projet de recherche « Eco-district: Safe, Efficient, Sustainable and Accessible energy (Eco-SESA) ». Recherche financée par l’IDEX Université Grenoble Alpes, projet lauréat du « Cross Disciplinary Program ». (N. Hadj-Said, porteur du projet) avec N. Tixier (ENSAG). Elle est responsable technique du projet Cartophonies (www.cartophonies.fr). Récentes publications :

Laroche, Sylvie. 2017 (sous presse). « Composition des interfaces sensibles aux abords des équipements commerciaux ». » In : Cahiers thématiques n°17 du LACTH – LAboratoire Conception, Territoire, Histoire dossier thématique : « La plaine, le plat, le plan ».

Laroche, Sylvie & Brayer, Laure. 2016. « Représenter l’ambiance sonore de la ville. Retours sur un atelier pratique ». In : Remy, Nicolas ; Tixier, Nicolas (dir.). Ambiances, demain, 3rd International Congress on Ambiances, Volos, 21-24 septembre 2016. Grenoble, France : International Ambiances Network, 2016, p. 271-276.

 

Présentation de Eco-Sesa

La substitution des énergies fossiles – stockables et exogènes – par des énergies renouvelables – souvent intermittentes et mobilisables in situ – constitue un changement de paradigme majeur de l’actuelle transition énergétique. Le Cross Disciplinary Program «Eco-sesa Smart Energies in Districts” vise à explorer les dimensions urbaines, socio-économiques et technologiques du développement des échanges d’énergies entre bâtiments et au sein des réseaux et esquisser de nouveaux outils pour la conception urbaine et des équipements énergétiques. Il précise ici les attentes des différents disciplines scientifiques du CDP vis-à-vis de l’approche urbaine par le transect urbain.

  • Gilles Debizet est maître de conférences en aménagement et urbanisme à l’université Grenoble Alpes, UMR PACTE. Ses travaux portent sur l’intégration des enjeux environnementaux et énergétiques dans la fabrique de la ville. Il a dirigé l’ouvrage Scénarios de transition énergétique en ville : acteurs régulations technologies et, avec Patrice Godier, le Cahier RAMAU Architecture et urbanisme durables, modèles et savoirs. Il coordonne les recherches pluridiscipinaires Ecoquartier Nexus Energie (www.nexus-energy.fr) et, avec Nouredine Hadjsaid, le CDP Eco-SESA de l’IDEX Grenoble Alpes.

Une première approche de l’effet sonore

L’environnement sonore urbain peut être l’objet de deux opérations : soit la description, soit l’intervention. Pour ce faire, les outils quantitatifs analogiques ou numériques ne manquent pas. Pourtant, la métrologie n’est pas toujours efficace in situ; ainsi, les espaces ouverts et les petits espaces clos ne sont aujourd’hui mesurables ni dans l’ensemble de leurs composantes, ni avec toute la finesse souhaitable. Par ailleurs, in situ la dimension humaine des phénomènes acoustiques échappe en partie à l’évaluation quantitative.

Deux questions sont donc à poser.

1- Existe-t-il des outils qualitatifs spécifiquement adaptés à l’analyse de l’environnement sonore et quelle est leur valeur opérationnelle?

2- Peut-on définir des outils qualitatifs qui soient utilisables de manières complémentaires avec les outils quantitatifs?

Deux notions fondamentales ont été inventées au cours du siècle dernier : l’objet sonore (Pierre Schaeffer) et le paysage sonore (R.Murray Schafer). Précieux en pédagogie ou pour l’analyse analyse très fine d’un phénomène sonore précis, le premier reste d’un usage trop lourd à l’échelle d’un ensemble architectural ou urbain. Le deuxième, également fondamental pour révéler les dimensions compositionnelles et paysagères du son, s’appuie sur une esthétique séduisante mais trop discriminatoire pour une approche triviale des situations quotidiennes.

Entre ces deux approches, il fallait un outil permettant de travailler au niveau intermédiaire, au niveau des configurations concrètes entre les trois composantes de toute situation sonore : les sources acoustiques, l’espace construit, la perception sonore.

C’est l’effet sonore dont les propriétés interdisciplinaires, la perfectibilité, et la capacité à passer de l’analyse à l’action sur l’environnement ont été largement éprouvées et confirmées dans notre laboratoire (le Cresson) depuis les années 80.

L’intervention s’appuiera sur des séquences d’écoute et de recueil de réactions.

  • Jean-François Augoyard, est philosophe, urbaniste et musicologue. Directeur de recherche CNRS honoraire.

Fondateur du Centre de Recherche sur l’Espace sonore (Cresson, CNRS) en 1980, il a été co-fondateur, en 1992, du laboratoire Ambiances architecturales et urbaines (CNRS-MCC) et d’une formation doctorale sur le même thème. Ses premiers travaux ont porté sur les façons de marcher, les manières d’habiter, et les conduites sociales en ville. Il a ensuite développé des notions interdisciplinaires et des méthodes d’analyse in situ de l’environnement sensible, en particulier sonore. Enfin, il a mené plusieurs recherches sur la perception esthétique ordinaire et sur les actions artistiques urbaines (commandes du Ministère de la Culture). Il travaille actuellement sur une théorie des ambiances architecturales et urbaines.

– Référence principale sur le sonore :

A l’écoute de l’environnement, répertoire des effets sonores, Marseille : Éd. Parenthèses, 1998. Trad. : Sonic Experience. A guide to Everyday Sounds. Transl.Andra Mc Cartney & David Paquette. Montreal : Mcgill –Queen’s University.Press, 2005.

 

« Écoutes »

L’écoute permet de repérer et d’identifier des instants de coïncidence spécifique entre soi même et le monde. Cette rencontre fragmentée et lacunaire se réalise en fonction des potentiels de l’instant – lequel est lui même fortement dépendant du dispositif d’écoute – en se concrétisant selon certaines modalités : rythmiques, kinésiques, imaginaires, pulsionnelles. Une des raisons du ravissement sonore – le plus souvent musical mais pas seulement – tient certainement en partie du fait que cette rencontre évidente de la présence échappe au sujet percevant. C’est pourquoi contextes et dispositifs sont essentiels à la capture écoutante.

De fait toute écoute tant soit peu essentielle se fonde sur une méconnaissance radicale qui seule peut assumer au final sa puissance émotionnelle et ses capacités de diffusion, de dispersion et de reconversion dans des modes de connaissance autres que sonores.. Il s’agira d’interroger la présence énigmatique au monde que véhicule le son et d’en dégager les cheminements et frayages en direction de régimes plus explicites et partageables de l’expérience comme ceux de l’évocation et du langage. C’est en ce sens que l’on envisagera le sonore comme une dissipation en attente de forme. Tout en restant au plus prés du terrain. Les écoutes se superposent, s’entrelacent, se contredisent et s’égarent. L’écoute est plurielle. Ou sourde.

  • Patrick Romieu est anthropologue, chercheur associé au CRESSON. Il est également coordonnateur de l’Observatoire sonore aCousson4, basé dans les Alpes de Haute Provence. Il contribue depuis plusieurs décennies au développement d’une pédagogie du sonore en lien étroit avec ses travaux théoriques et ses terrains d’observation. Il défend une pédagogie expérimentale fondée sur l’observation fine des conduites acoustiques réellement actées dans la vie ordinaire articulée et à des concepts ouverts, provisoires, en renouvellement constant.

Ses travaux portent sur l’anthropologie du geste sonore, la théorie des ambiances, les écritures de l’expérience sensorielle – particulièrement relations anthropologie/poésie – les instants catastrophiques. Il est intervenant dans les universités et les écoles d’architecture et propose de nombreux ateliers en relation avec l’écoute.

 

Confort à l’usage : Dispositifs spatiaux, facteurs d’ambiance et potentiels d’action

Partant de l’approche des phénomènes sensibles et des opportunités d’action caractérisant les environnements construits, on montrera à travers différents exemples et expériences comment la recherche permet d’interroger et d’explorer des critères et des pistes de travail intéressant l’architecture et l’aménagement de l’espace contemporain. Ces travaux aident à renouveler les conceptions du confort et des ambiances à des échelles de perception et d’action spécifiques. L’étude des logiques propres à chaque sens ainsi que certaines de leurs interactions (son, lumière, mouvement) utiles aux usages individuels et collectifs de l’espace sera privilégiée.

  • Architecte de formation, Grégoire Chelkoff a participé à la création du CRESSON (centre de recherche sur l’espace sonore et l’environnement urbain) en 1979 à l’école d’architecture de Grenoble et aux recherches initiées par Jean-François Augoyard de 1980 à 1992 sur les effets sonores. Il a initié plusieurs travaux sur la dimension auditive dans ses relations avec l’espace construit et les pratiques, en espace public comme dans l’espace domestique et a entrepris l’expérimentation de « prototypes sonores architecturaux ». Il est responsable scientifique du site web cartophonies.fr. Professeur à l’ENSAG, ses recherches sur les ambiances architecturales et urbaines visent à développer une approche multisensorielle et expérimentale de l’architecture par l’étude des relations entre formes, formants sensibles et formalités des usages.

Concevoir un bureau avec l’attention de l’ambiance

Que nous soyons architectes, space-planner, ingénieurs, utilisateurs, nous avons tous besoin de nous mettre autour d’une table pour discuter d’espace de travail heureux et incitatifs. C’est l’objet de l’intervention : donner aux architectes un vocabulaire pour une telle discussion. Existe-il des configurations de bureaux qui, avec l’environnement construit et la société locale, donnent du sens au travail, au volume d’air partagé entre soi et l’environnement, aux rapports entre collègues ? Peut-on considérer le bureau comme un donneur d’ambiances appropriées au travail ? Comment les distances de voisinage, la proxémique au travail changent t’elles avec les ambiances ?

  • Olivier Balaÿ est architecte en ecxercice, professeur à l’ENSA Lyon & chercheur au Cresson. Il a participé, encore étudiant, à la création du CRESSON (centre de recherche sur l’espace sonore et l’environnement urbain) en 1979 à l’école d’architecture de Grenoble. Il a réalisé avec ses étudiants un prototype d’habitat solaire (CANOPEA vainqueur de la compétition mondiale d’étudiants Solar Décathlon en 2012) et un prototype d’habitat en bois et terre en 2016. Il a réalisé une trentaine de bâtiments. Ses recherches portent sur

– L’observation des pratiques et les stratégies de la description des phénomènes sensibles pour l’architecture et l’urbanisme
– L’histoire de l’environnement sensible urbain
– Les outils pour la méthodologie du projet architectural
– La recherche et le développement de modules d’habitat pour demain.

 

Conférence publique à l’ENSAG :

(Conférence en anglais avec support en français)

(en) Exploring the Boundaries of Climatic Comfort. Cultural, Spatial and Sensory Perspectives in Architecture and Urban Space.

(fr) Explorer les limites du confort climatique. Perspectives culturelles, spatiales et sensibles pour l’architecture et l’espace urbain.

Tout au long du vingtième siècle, l’évolution des questionnements autour du confort thermique et de la maîtrise du climat ont entraîné plusieurs changements de regard sur la relation entre le corps humain et l’environnement bâti. Dans ce contexte, nous avançons l’idée selon laquelle les formes matérielles de l’architecture et de l’espace urbain ont accompagné et façonné la transformation des représentations culturelles, des pratiques sociales et des progrès techniques liés à la température et au climat plus généralement. Cette présentation interroge la production architecturale du vingtième siècle au prisme de l’histoire culturelle, de l’histoire des techniques et de l’histoire des sensibilités. Prenant appui sur cette base, nous discuterons comment les problématiques contemporaines de confort climatique s’inscrivent sur une perspective plus large autour des climats sensoriels dans l’environnement bâti.

  • Ignacio Requena-Ruiz est enseignant-chercheur à l’ENSA Nantes et à l’UMR-AAU (équipe CRENAU), architecte (2006) et docteur en architecture (2011). Ses recherches portent sur les dimensions techniques, culturelles et sensibles des climats en architecture depuis la modernité jusqu’à nos jours. Ignacio a été lauréat de la Bourse de recherche de la Fondation Le Corbusier (2014) ainsi que des Postdoctorats Internationaux de la Région Pays de la Loire (2013). Il est co-rédacteur en chef de la Revue Ambiances et expert pour Journal of Architecture and Urbanism.

 

Esquis’sons ! Outils d’aide à la conception d’environnements sonores durables

Ce présent projet étudie dans 6 quartiers durables en Europe (Allemagne, Espagne, France et Suède) les qualités sonores des espaces intermédiaires situés en façade de bâtiments que sont les balcons, les loggias, les terrasses et les circulations. Une analyse croisée de la forme physique, de l’environnement sonore et du ressenti des usagers permet de faire émerger les conditions minimales d’existence de situations sonores remarquables. L’ensemble de ce travail est compilé dans un répertoire qui est le premier outil d’aide à la conception sonore de ce type d’espace pour les architectes. La recherche articule à cette analyse un outil d’esquisse sonore qui intègre les principaux résultats de la phase de terrain dans une interface paramétrique utilisant les logiciels Rhinoceros, Max MSP et le plug-in Grasshopper. Grace à cette application, il est possible de « sonoriser » un environnement virtuel 3D et d’entendre les conséquences de choix architecturaux. Le module d’auralisation est informé par les caractéristiques géométriques du modèle spatial et inversement. Autrement dit, cette application permet d’esquisser un espace en l’écoutant.

  • Théo Marchal est architecte, doctorant au CRESSON et enseignant/assistant à l’ENSA Grenoble dans le cadre de différents enseignements tels que le projet d’architecture, l’encadrement de TD ou encore la mise en place d’ateliers intensifs sur les thématiques des outils numériques et des ambiances.

Après avoir participé pendant deux ans à la recherche ADEME « Esquis’Sons! », sa spécialisation ainsi que son intérêt pour les outils numériques liés à la conception de l’espace, mais aussi son souci pour les «ambiances sensibles» qu’il modèle l’ont poussé aujourd’hui à développer son objet de recherche et à planifier la réalisation de projets dans le cadre d’un doctorat portant sur l’élaboration d’un outil d’évaluation et de conception des ambiances sonores.

 

La théorie des trois conforts

½ heure théorique.
– Théorie des trois conforts. Commodité / maîtrise / réserve.
– Indépendante de la notion d’innovation (plus vieux concept du monde).
– Indépendante de l’opposition normalisation / sensibilisation
– Indépendante de l’opposition analyse / projet

Amphoux, «Vers une théorie des trois conforts», Archives HAL

½ heure conceptuelle.
– Représentations homologues
– Fenêtres sonores. Fenêtre indiscrète / sur cour / sur le Monde
– Effets sonores. Coupure / Filtrage / Epiphanie.
Postures d’écoute. Environnement / Milieu / Paysage

Amphoux, «Aux écoutes de la fenêtre», Archives HAL

½ heure pragmatique.
Implications sur travaux en cours
– Présentation éventuelle par les étudiants de premières – observations de terrain : esquisse cartographique, récit d’immersion ou description parcours sonore
– Retour-questions-débat

– repérage des potentialités de confort (3 dimensions TSs),
– représentation de ces potentialités,
– actions potentielles…

  • Pascal Amphoux, architecte et géographe. Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. Activité indépendante de praticien et de consultant sur de nombreux projets architecturaux, urbains et/ou environnementaux (Bureau CONTREPOINT, Projets urbains, Lausanne). Chercheur au Centre de Recherches sur l’Espace Sonore et l’Environnement Urbain (CRESSON, Ecole d’Architecture de Grenoble, UMR CNRS). Membre du conseil scientifique de l’IVM Institut pour la Ville en Mouvement, Paris), expert auprès de diverses institutions suisses, françaises ou européennes.

Auteur de nombreux ouvrages et publications scientifiques portant notamment sur l’environnement sonore et urbain, et de façon plus spécifique, sur les rapports entre la pratique du projet, l’esthétique paysagère et les méthodes des sciences sociales.

 

La source bleue

Nous mettons à l’écoute une séquence des fragments des sons typiques de l’Aïn Zerka La Source Bleue, situé à Tiznit – Maroc. Ce travail a été établi dans le cadre de projet « ZERKA : La source bleue et l’urbanisation des oasis de Méditerranée » ; il a pour objectif de qualifier le projet de réhabilitation de la source bleue faite par l’architecte Salima Naji. L’architecte propose une nouvelle mise en scène de la source d’eau en essayant de rappeler les liens paysagers historiques et de raviver des sons perdus dont le son de l’eau et les chants des oiseaux.

Notre compréhension de cet espace se fait à partir de son ambiance sonore ; approche qui interpelle l’espace public en tant qu’un espace sensoriel et sensible. La question de l’eau dans ce contexte est assez particulière car à lui s’inscrit un mythe qui engage le corps des femmes et sa fertilité. L’eau, placé au centre de notre intérêt, forme une ambiance particulière qui est à la fois urbaine, sensible et sacrée ; l’eau est perçue comme donneur de vie, socle de mémoire, matière esthétique, elle est porteuse d’une identité habitante collective.

En expérimentant les différents dispositifs spatio-sonores qui configurent l’ambiance, cet exercice d’écoute nous aide à comprendre comment cet espace, après sa réhabilitation, offre une nouvelle typologie urbaine.

  • Noha GAMAL SAID est docteur en architecture et urbanisme, maître de conférences à l’école d’architecture d’Ain Shams au Caire, chercheure-enseignante au laboratoire Cresson, l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Elle s’intéresse à la dimension sonore des villes dans une approche multisensorielle de l’architecture et de l’urbanisme. Elle traite des problématiques contemporaines telle que la durabilité, la densification de la ville vue de l’angle de l’expérience sensible quotidienne. Elle participe aux plusieurs recherches sur les interfaces : Esquis’Son ! (http://www.esquissons.fr/); les configurations sonores de l’urbanisme oasien : Zerka (http://zerka.hypotheses.org/). Ses recherches portent également sur la question de la mémoire et l’héritage sonore des villes. Elle était membre de l’équipe de recherche sur le patrimoine sonore européen (http://europeanacousticheritage.eu) dans lequel elle est co-fondatrice de l’école d’hiver au Cresson.

 

La collection Cressound

A l’origine du Cresson se situe la rencontre d’un acousticien (dimension physique du son & ses conséquences sur l’environnement bâti) & d’un sociologue (parole des gens) par ailleurs musicologue (dimension ésthétique du son).
De cette rencontre est née, entre autres, l’idée d’aller sur le terrain pour enregistrer l’environnement sonore & de s’en servir comme base de la recherche.
Or, jusque vers la fin du XXè siècles, ces enregistrements avaient rarement fait l’objet de publication (Le bruit & la plainte 1988 – K7, À l’ecoute du chantier 1990 – K7, L’appel du port 1993 – CD)

La collection cressound est donc cette entreprise de publication systématique des enregistrements effectués aux cours des recherches, doublée de la nécessité de sauvegarde & d’archivage.
Première phase : numérisation des supports magnétiques
Deuxième phase : mise en place d’un protocole de métadonnées
Troisième phase : diffusion

  • juL McOisans est ingénieur médaticien, musicologue de formation, il intègre le Cresson en 1993 pour prendre en charge les publications du laboratoire & la valorisation de la recherche. Il mène diverses expériences sur l’ensemble du processus audio. en 2003, il lance les premières opérations de collectage, archivage, numérisation & publication systématique des enregistrements sonores effectués au labo depuis son origine : récupération des supports analogiques & des machines capables de les lire, process de numérisation, de sauvegarde & de classement de ces enregistrements…(programme cres s o u n d).

La valorisation sonore

Cette intervention abordera les enregistrements de l’environnement sonore comme données à conserver et valoriser. Après avoir fait un tour d’horizon de sites ressources (bases de données et cartes sonores), nous aborderons quelques bonnes pratiques mises en oeuvre par des phonothèques pour tendre vers les principes du FAIR soutenus par l’Europe et la France dans le cadre des projets H2020 : rendre les données sonores faciles à trouver (F), accessibles (A), interopérables (I) et réutilisables (R).

  • Françoise Acquier : Après avoir effectuée une maîtrise en urbanisme et aménagement (Université de Tours) et un DEA de Géographie (Université de Montpellier), j’ai obtenu le capès de Documentation et exercé le métier de professeur-documentaliste. En 2001 j’ai rejoint l’équipe Cresson – UMR Ambiances Architectures Urbanités à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Je suis chargée des ressources documentaires de l’équipe Cresson. Mes missions sont centrées autour de la gestion du fonds documentaire spécialisé et sa promotion, l’archivage des publications, la veille sur l’actualité des ambiances urbaines, l’appui aux actions de recherche. Nous travaillons de concert avec l’ingénieur son juL McOisans à la valorisation des archives d’environnement sonore urbain sur le catalogue de la bibliothèque, la carte sonore cartophonies.fr et sur le carnet Hypothèses. Nous avons intégré en 2016 Europeana Sound en tant que partenaire associé.

 

Transect sonore

En parallèle à des cartes acoustiques quantitatives, une diversité de représentations cartographiques de l’environnement sonore se développe. Parmi celles-ci, nous nous intéresserons principalement à des représentations sensibles comme celle du transect et à des outils cartographiques web comme « cartophonies » (interface développée par le laboratoire Cresson). À partir de ces exemples présentant un meilleur partage des ambiances sonores dans le temps et dans l’espace, il s’agira de repérer des processus de création mais aussi d’explorer les dimensions sonores remarquables d’un lieu.

  • Sylvie Laroche

 2 – Travaux des ateliers