La densité urbaine propose de nouvelles formes architecturales dans lesquelles les questions de la hauteur, des espaces en partage et en général la question des interfaces jouent un rôle important dans les pratiques sonores et dans l’écoute ordinaire.
 Selon un rapport de bas en haut, du proche au lointain ou de l’intime à l’extime, l’habitat dense fait émerger des situations d’écoute remarquables : suspension, immersion, emboîtement, panoramique sonore, écoute duelle, exposition ou recul acoustique.Quelles qualités d’ambiances sonores cette densité propose-t-elle aux habitants et riverains ? Dans cette école d’hiver, nous travaillerons le couplage espace-son à partir de deux formes archétypales de l’urbain dense : les tours et les cours, définissant des émergences et des creux. Les interfaces qui se situent à l’articulation entre espaces privés et espaces publics, tel que les balcons, les loggias, les coursives, les paliers, forment des espaces sonores partagés qui sont autant configurés par les qualités sonores de la rue qu’eux-mêmes configurent les qualités sonores de celle-ci. C’est dans cette réciprocité d’échange qu’on considérera ces espaces d’interface, et surtout la manière dont ils redessinent de nouvelles limites sonores et négocient leurs intimités avec l’espace public.

En dialogue avec l’environnement existant, les participants à cette école d’hiver seront invités à esquisser des ambiances sonores situées en s’appuyant sur l’outil esquissons développé au CRESSON en http://www.esquissons.fr/ qui permet de faire varier les configurations spatiales, les sources sonores et les points d’écoute. Cet outil nous servira à proposer et à auraliser en temps réel les différents scénarios d’intervention spatio-sonore. En associant prises de sons in situ, représentations, manipulations et esquisses, il s’agira d’expérimenter le son pour faire ambiance.

 

 

1 – Apports théoriques & méthodologiques

Initiation à l’acoustique
Théo Marchal & Pascaline Thiollière

Cette introduction à l’acoustique architecturale présentera les différents enjeux et outils que mobilise le son dans l’espace : comment l’appréhender, comment le mesurer, de quelle manière le moduler ?

En présentant différentes règles et différents exemples, mais aussi en réfléchissant ensemble aux modalités du son (ses différentes formes physiques et sensibles), il s’agira de constituer une base de connaissances pour les participants sur le son dans l’espace, sa propagation et ses inflexions.

Cette présentation se fera sur la base de notions d’acoustique simples et pratiques, mais aussi sur des notions développées au laboratoire CRESSON comme celle des effets sonores qui présente et étudie sur le plan acoustique et psychosociologique les milieux construits.

Esquisser l’architecture par le son
Grégoire Chelkoff

Introduire la dimension sonore en amont du projet architectural et urbain et non pas après que tout a été dessiné et décidé est un des objectifs fondamental des travaux des architectes au laboratoire CRESSON de l’école d’architecture de Grenoble.

Le travail de définition des effets sonores, l’expérimentation de « prototypes sonores architecturaux», la sédimentation sur le site « cartophonies.fr » de situations de références issues d’études in situ, et enfin la création d’un outil comme « esquissons », tels sont les jalons qui ont été posés au fur et à mesure des recherches portant à la fois sur les espaces publics et domestiques.
Notre exposé montrera ce parcours et les pistes pour une réflexion future dans le cadre d’une approche sensible et créative de l’environnement urbain.

Paysages sonores : un impensé des projets « durables » ?
Théa Manola

Cette intervention présentera les résultats d’un travail empirique menée dans plusieurs « quartiers durables » du nord de l’Europe (Manola, 2012 ; Faburel (coord.), Manola et Geisler, 2011). Sur la base d’une définition du paysage sonore actualisée en vue des évolutions de la théorie du paysage en France, nous détaillerons les paysages sonores des habitants de ces quartiers mais aussi ceux projetés (ou pas) par les porteurs des projets. Nous nous questionnerons alors sur les impensés (sonores et plus largement sensoriels) de ces projets et leurs effets en termes d’uniformisation voire de normation des paysages sonores « durables ».

Balade sonore collective dans les quartiers d’étude
sous la conduite de Pascal Amphoux

Quels Paysages sonores pour l’habitat à Confluence
Olivier Balaÿ

« Habiter » n’est pas se contenir en la clôture du logement mais construire un temps de vie, des habitudes connectées avec les perceptions du monde environnant, dont les dimensions phoniques. Nous ne pouvons habiter que ce qui nous est habitable, c’est-à-dire familier, en lien à l’ensemble de nos connaissances. Nous ne pouvons et ne savons pas vivre dans le silence. Nous aimons les calmes et les bruits. Ils attirent ou ils repoussent. Tous ne sont pas bruyants, et tous les bruits ne sont pas condamnables. Limiter la perception de l’environnement sonore à ces témoignages, croire que de tous temps les hommes ont uniquement jugé et condamné les bruits, ce serait ignorer que d’autres formes d’explication du phénomène sonore urbain existent. En réalité, une forte évaluation éthique et instrumentale générale (économique, sociale, morale) est portée sur les bruits, une partie de ce dispositif consistant à les censurer, à les réprimer. Mais cette censure n’est qu’un cas particulier. Ne nous laissons pas aveugler par les conceptions de notre époque. Demandons-nous plutôt s’il existe une attitude plus fondamentale à partir de laquelle des modes d’adaptation et des modes d’aménagement de l’espace se sont développés.

La recherche Esquis’sons
Noha Saïd & Hengameh.Pirhosselinho

Le projet Esquis’sons! étudie dans 6 quartiers durables en Europe (Allemagne, Espagne, France et Suède) les qualités sonores des espaces intermédiaires situés en façade de bâtiments que sont les balcons, les loggias, les terrasses et les circulations. Une analyse croisée de la forme physique, de l’environnement sonore et du ressenti des usagers permet de faire émerger les conditions minimales d’existence de situations sonores remarquables. L’ensemble de ce travail est compilé dans un répertoire qui est le premier outil d’aide à la conception sonore de ce type d’espace pour les architectes. La recherche articule à cette analyse un outil d’esquisse sonore qui intègre les principaux résultats de la phase de terrain dans une interface paramétrique utilisant les logiciels Rhinoceros, Max MSP et le plug-in Grasshopper. Grace à cette application, il est possible de « sonoriser » un environnement virtuel 3D et d’entendre les conséquences de choix architecturaux. Le module d’auralisation est informé par les caractéristiques géométriques du modèle spatial et inversement. Autrement dit, cette application permet d’esquisser un espace en l’écoutant.

La ville, la tour et la cour : Ecoutes activées, écoutes réactivées
Pascal Amphoux

Trois manières d’activer notre écoute de la ville en situation ordinaire de co-présence ou de cheminement seront énoncées : l’écoute environnementale, l’écoute médiale et l’écoute paysagère.

La technique de l’écoute réactivée sera brièvement récitée: échantillon expressif, principe de récurrence, domaines de pertinence (passage de l’analyse au projet).

La tour des effets sonores et la qualité sonore de la cour

Entendre et s’entendre dans la ville dense
Magali Paris

Le défi d’un urbanisme durable amène décideurs, concepteurs et gestionnaires à répondre à des objectifs de densité tout en garantissant un bien-vivre individuel, collectif et public aux habitants. Le propos portera sur le vécu sonore des espaces intermédiaires, entre logement et rue et inter-logements, en contexte de densité et de densification. En particulier, il s’agira d’identifier « ce qui touche » l’habiter quotidien et la part active des habitants dans l’invention d’un vivre-ensemble à partir des résultats de deux recherches : L’intimité en dehors du chez-soi en habitat individuel dense ? (PUCA Habitat Pluriel) et D’une densification subie à une densification collaborative, vécus comparés de la densification douce ? (PUCA Densification Douce).

Qu’est ce qu’un espace sonore ?
Jean-François Augoyard

Cette question est un défi à notre culture dominée par le visuel. Et plus encore à la pensée architecturale et urbanistique. Les caractères de l’espace sonore sont justement différents ou opposés à ceux de l’espace comme on l’entend habituellement. L’espace sonore est d’abord du temps; il est ensuite discret, disséminé, sans limites claires; il est aussi prégnant, rétif à la distanciation. Il invite enfin à mêler les disciplines et à affronter l’expérience sensible et créative. A quoi la notion d’effet sonore répond très bien.

Son in situ & après : archivage & partage
Françoise Acquier & juLMcOisans

Notre intervention portera sur le processus mis en œuvre au cresson pour assurer la sauvegarde, la pérénisation, & la diffusion des sons enregistrés lors des recherches depuis 1982.

A la fois un aspect historique & technique pour comprendre les enjeux de la numérisation, un aspect documentaire qui pointe l’importance des métadonnées & un aspect de mise en réseau pour favoriser la diffusion & la valorisation . . .

2 – Travaux des ateliers

rappel de la thématique

 

Degrés de publicité
Monique Bolli / Elsa Lebrun / Perrine Poupin / Xiyuan Zhang

commentaires & débats

Le banc volant
Marie-Caroline Conin / Laëtitia Chamekh / Sami Ramzi Chibane / Mylène Le Lamer /

commentaires & débats

Mobilier d’égout
Laëtitia Chamekh

commentaires & débats

in TERRE action
Abdelaziz Barkani / Sebastien De Pertat / Bastien Lambert / Ummuhan Ozturk

in TERRE action (esquisson)

commentaires & débats

Amers Sonores
Sara Ben Romdhane / Leonard Contramestre / Bertillia de Baudinière

commentaires & débats

variations en suspension
Sammy Benhis  / Zoé Chalaux / Jérémy Di Stefano / Fanny Kubenka

commentaires & débats

De la fontaine au marché
(joué en direct, commentaires & débats inclus)
Sylvain Biquand / Julie Debarbieux / Simon Thibert

 

Conclusion

 

remerciements spéciaux à Abdelaziz, Perrine & Mako pour les enregistrements de secours. . .

3 – quelques images