Présentation de la thèse

Recherche exploratoire et transdisciplinaire sur les corrélations entre architectures et organisations spontanées du vivant.
Observations des expressions motrices des corps cellulaires et humains à travers les variabilités morphologiques de leur environnement.

Mots clés :

architecture, transdisciplinarité, biomimétisme, comportement, pattern, morphologie

Résumé :

Ce projet de recherche transdisciplinaire est mené à deux échelles : celle biologique des êtres cellulaires et celle architecturale des corps humains en mouvement. Il s’intéresse aux relations complexes qui existent entre un être vivant et son environnement. L’objectif est de déceler et identifier des récurrences, des connivences ou des divergences au sein de ces ensembles d’intéractions individu – environnement. Cette recherche s’attache à étudier l’impact d’un même pattern paramétrique (et ses infinités de variations) sur le comportement du vivant aux deux échelles. Nous constituons cette recherche expérimentale et exploratoire autour de trois hypothèses : la première que nous faisons est que l’observation des comportements et plus précisément des expressions motrices des êtres vivants que nous étudions nous permet d’identifier et de qualifier ces corrélations individu – environnement. Nous formulons ensuite l’hypothèse que ces comportements témoignent des facultés et qualités de perception de ces êtres vivants qui les renseignent sur leur environnement et convoquent des registres d’action associés. Enfin, nous faisons l’hypothèse qu’à partir de ces observations faîtes aux deux échelles, nous pouvons établir des critères de qualification des morphologies et caractéristiques ambiantes de ces environnements.

La transition numérique de notre société que nous vivons actuellement fait émerger dans les champs de la biologie et de l’architecture de nouveaux procédés respectivement de fabrication de micro-environnements substrats pour l’étude mécanique des cellules et de conception et production computationnelle de morphologies complexes pour l’architecture.

Ces évolutions technologiques constituent le cadre et les conditions d’émergence d’un tel sujet. Elles engendrent un renouveau dans les modalités de pensée et d’exercice de la recherche qui tend vers une collaboration effective des deux disciplines et apporte ici une synergie féconde générant un enrichissement mutuel. Nous apportons au champ de la biologie une ouverture sur les morphologies aussi bien sur le plan de leurs conceptions que celui de leurs vécus. Nous élaborons un recul réflexif sur les notions de perception des seuils, de structuration de l’environnement par la perception et d’investissement corporel des espaces. La biologie apporte en retour à l’architecture la rigueur d’un protocole d’observation des phénomènes d’autoorganisation spontanée du vivant et il s’agit d’approfondir ces recherches à partir des notions d’affordance corporelle et de corps vécu.

Sous la direction de Martial BALLAND,
co-encadrants : Philippe LIVENEAU, Thomas BOUDOU
Discipline : Sciences pour le vivant