Historiquement construit autour de la notion d’ambiance architecturale et urbaine, le projet scientifique du laboratoire AAU se développe suivant quatre objectifs fondamentaux :

  • Développer sur les plans théorique et pratique les relations entre les ambiances, les architectures et les urbanités, dans une visée interdisciplinaire (des sciences sociales aux sciences de l’ingénieur et pour la conception, en ouvrant des ponts vers l’art), multisensorielle (sans exclusive sur les formes sensibles à l’œuvre dans les pratiques de l’espace) et multiéchelles (du dispositif local aux enjeux territoriaux).
  • Elaborer et diffuser des innovations méthodologiques qui offrent des outils pertinents d’analyse et d’action, et permettent de repositionner les modalités d’approches des espaces, de leurs pratiques et des situations occasionnées comme d’en expérimenter de nouvelles.
  • Assurer une forme dynamique de passage entre les enseignements des cycles Master et Doctorat dans les écoles d’architecture, et participer ainsi à la consolidation de l’ambition de recherche au sein du réseau formé par ces écoles sur le territoire français.
  • Fédérer la communauté nationale et internationale travaillant sur ces questions pour en devenir l’un des points de convergence essentiels, à travers notamment les deux revues scientifiques portées par le laboratoire, le réseau international Ambiances ainsi que le GDRI CNRS Ambiances en traduction.

Trois formes d’engagement dans la recherche permettent de mettre en action ces objectifs :

  • Un socle commun de positions et convictions, énoncé sous la forme d’arguments partagés par les chercheurs des deux équipes : l’immersion-contexte, l’expérimentation-création, la traduction-modélisation et l’interpellation-critique (voir ci-dessous).
  • Un ensemble de groupes de recherche, développant des actions de recherche concrètes selon les différentes orientations scientifiques du laboratoire (voir ci-après).
  • Des espaces de débat et de diffusion, issus du laboratoire et ouverts largement à ses partenaires académiques et non académiques, comme le Réseau International Ambiances, les revues scientifiques Ambiances et Lieux Communs, etc. (voir ci-après).

Historically built around the concept of architectural and urban ambiances, the AAU Laboratory’s scientific project has four fundamental objectives:

  • To develop, on a theoretical and practical level, the relationship between ambiances, architectures and urbanities, with an interdisciplinary (from the social sciences to engineering, as well as design, and opening up towards the arts), multi-sensory (including the forms that are sensitive to the space practices) and multi-scaled (from the local device to territorial challenges) aim.
  • To elaborate and spread methodological innovations which provide relevant tools to analyse and act. They also allow for the refocusing of the approaches of spaces, of their practices and of the resulting opportunities, as well as for the experience of new ones.
  • To ensure a dynamic transition between the Master’s and PhD’s courses in the schools of architecture, and to consolidate the ambition in terms of research within the network built by these schools in France.
  • To bring together the national and international community, which is working on those matters, to turn it into an essential focal point, in particular with the two scientific journals, led by the Laboratory: the International Ambiances Network and the GRDI Ambiances in translation.

Three forms of commitment to research make the implementation of these objectives possible:

  • A common set of views and beliefs, stated through shared arguments among the researchers from the two teams: context-immersion, experimentation-creation, translation-modelling and apprehension-criticism. (see below)
  • A set of research groups, developing concrete steps for research according to the Laboratory’s different scientific orientations. (see below)
  • Forums for discussion and dissemination, from the Laboratory and open to its academic and non-academic partners, such as the International Ambiances Network, the scientific journals Ambiances and Lieux Communs, etc. (see below)

Arguments partagés

Dans le cadre défini par sa nouvelle appellation, le laboratoire engage son travail collectif à travers quatre arguments de recherche explicités ci-après : l’immersion-contexte, l’expérimentation-création, la traduction-modélisation et l’interpellation-critique. S’ils sont exprimés principalement via des termes d’action, c’est pour spécifier l’enjeu de problématiques, de thématiques et de postures émergentes : loin de relever d’un vocabulaire arrêté, elles appellent à un travail, une veille et une curiosité, alliant démarches scientifiques et engagement dans l’investigation commune.

  • Immersion / Contexte
    Au regard des trois thématiques de l’UMR, l’immersion interroge les dynamiques des relations homme-environnement, tant du côté des enjeux contemporains de la production et de la réception de l’espace, que des enjeux entre mesures et modèles, ou entre percevoir, sentir et agir. Convoquer le terme d’immersion renvoie à l’argument de l’impossible neutralité du positionnement scientifique : toute recherche se fait depuis un point de vue. Un tel argument conduit à questionner les limites de l’observable et du connaissable en matière d’ambiances, d’architectures et d’urbanités, et à réfléchir aux transformations de points de vue. Il nous engage à poursuivre les innovations méthodologiques historiquement fédératrices du laboratoire, pour qui les méthodes ne sont pas seulement des « outillages » mais font partie intégrante des résultats de la recherche. Il permet aussi de renouveler ce qui, à partir de l’immersion, peut advenir en termes de méthodologies interdisciplinaires.
  • Expérimentation / Création
    L’expérimentation-création identifie à la fois un champ de travail et une aventure méthodologique selon laquelle le chercheur sort des cadres traditionnels quant à ses objets et ses manières de faire, se met délibérément en difficulté et prend des risques, notamment en se confrontant à la possibilité du non-aboutissement ou de l’échec. Par exemple, associer recherche scientifique et processus de création dans le domaine de la conception des ambiances constitue une posture de travail déployée depuis plusieurs années au sein du laboratoire, se concrétisant notamment à travers des expérimentations matérielles élaborées à l’échelle du corps en mouvement. L’expérimentation-création engage les dimensions du faire et du bâtir au sens large, en testant des prototypes, en modifiant des situations, en fabriquant des dispositifs matériels, et en interrogeant finalement la place de la matière et de la construction dans les processus de recherche. Cet enjeu vaut aussi pour les urbanités. L’expérimentation apparaît alors comme une mise à l’épreuve de la notion d’espace public urbain comme de ses codes et normes, passant essentiellement par deux formes d’intervention, le plus souvent complémentaires : la création d’artefacts méthodologiques et/ou l’intervention artistique.
  • Traduction / Modélisation
    La traduction est comprise dans son acception la plus large, comme pratique d’hospitalité langagière, comme expérience de transposition et de médiation de l’expert au profane ou à l’étranger (et inversement), et comme modalité d’écriture ou de restitution avec différents médiums. Elle est associée à la modélisation, modalité réflexive ancienne du laboratoire, envisagée comme abstraction ou représentation simplifiée des interactions multiples existant entre les différentes dimensions d’un phénomène ou d’une situation, abstraction ou schématisation préalable à toute simulation. L’articulation de ces deux termes dénote l’ambition de parvenir tant à une clarification des notions de traduction et modélisation elles-mêmes dans nos champs de recherche, qu’à une exploration des passerelles entre elles, et à une forme de prospection de modes opératoires avec les mondes professionnels qu’elles convoquent. Nos divers modèles d’intelligibilité, nos méthodes ou modes d’écritures issus de l’anthropologie sensible, de la modélisation numérique, de l’architecture, des études urbaines, de la physique appliquée ou encore du monde de l’art, peuvent ainsi se rencontrer voire s’hybrider dans la tension autour du monde sensible. Dans ce cadre, la traduction peut être comprise comme une posture scientifique qui s’enrichit dans sa confrontation à la modélisation et aux simulations qui en découlent.
  • Interpellation / Critique
    L’argument relatif à l’interpellation désigne les nécessaires formes d’interrogation sur le rôle, la nature et les enjeux d’une implication du chercheur dans toutes les dimensions de son travail. Qu’il s’agisse de la mise en œuvre de pratiques d’expertise au service de l’aménagement des villes et de la production architecturale et urbaine, de commandes particulières dans le cadre de recherches contractuelles, ou de restitutions aux citadins impliqués dans nos recherches, nos manières d’enquêter in situ nous engagent à nous saisir des interactions entre la communauté des « praticiens », celle des usagers et celle des chercheurs, et donc à ne pas ignorer ce que nos analyses doivent aux savoirs d’actions et aux savoirs ordinaires. Reconnaître ce trait implique non seulement des pratiques réflexives, mais vise aussi plus largement l’élaboration et l’objectivation d’une posture critique, c’est-à-dire un autre travail critique à partir de l’expérience sensible et des mises à l’épreuve théoriques que certains cadrages contextuels de nos recherches empiriques finissent par produire : tentation de la radicalité ou de la politisation de certains objets de recherche, exigences pragmatiques de la description dense, passage à la narration et à la fiction, etc. Ces questionnements engagent également une réflexion sur le champ de la critique architecturale et urbaine contemporaine que le laboratoire, par ses différents apports théoriques et ses démarches pluridisciplinaires, peut contribuer à renouveler.

Shared arguments

Within the scope of its new designation, the Laboratory commits its collective work with four research arguments, explained hereinafter: context-immersion, experimentation-creation, translation-modelling and interpellation-criticism. Those concepts are expressed with action terms to specify the stake of emerging challenges, themes and positions. They are part of a flexible vocabulary and call for work, watch and curiosity, combining scientific approach and commitment to the common investigation.

  • Context/Immersion
    Regarding the three themes of the UMR, immersion questions the dynamics of the relationships between man and environment, both from the point of view of the contemporary challenges of production and reception of space, and of the challenges between measures and models, or between perceiving, feeling and doing. Using the immersion term refers to the idea of impossible neutrality in the scientific positioning: all research has a point of view. Such an idea leads to questioning the limits of the perceptible and the knowable in terms of ambiances, architectures and urbanities. It also leads to reflecting upon transformations of points of view. It binds us to get on with the methodological innovations, historically federative for the Laboratory, for whom the methods are not only implements, but also an integral element of the research results. This idea also allows us to update what can happen, from the immersion, in terms of interdisciplinary methodology.
  • Experimentation/Creation
    The concept of experimentation-creation identifies both the scope of a work and a methodological adventure where the researcher goes beyond the traditional framework in terms of objects and methods, and puts himself in trouble and takes risks, mainly by confronting himself to the possibility of non-completion or failure. For example, combining scientific research and creative process in the field of conception of ambiances represents a working position that has been used at the Laboratory for a few years, coming through material experimentations considered on the moving body’s scale. The experimentation-creation implies the dimensions of the “do” and the “build” in the broad sense, testing the prototypes, modifying situations, building equipment, and questioning the place of material and construction in the research processes. This challenge also applies to the urbanities. The experimentation is then perceived like a test regarding the concept of urban public space, its codes and norms, essentially with two forms of intervention, being usually complementary: the creation of methodological artefacts and/or artistic intervention.
  • Translation/Modelling
    Translation is intended in its widest definition, as a linguistic hospitality, a transposition and a mediation from the expert to the nonprofessional or the foreigner (and the other way round). It is also intended as a way of writing or reproducing through different medium. It is associated with modelling, which is one of the Laboratory’s reflective and historical approach and considered as the abstraction or simplified representation of the multiple interactions that are between the different dimensions of a phenomenon or a situation, abstraction or schematisation, prior to any simulation. Together, the two terms show the ambition to clarify the concepts of translation and modelling themselves in our research, but also to explore the link between one another, and with the professional fields they relate to. Therefore, a meeting is possible between our different models of comprehensibility, our methods or writing ways stemming from sensitive anthropology, numerical modelling, architecture, urban studies, applied physics or the arts. They could also hybridise within the tension around the sensitive world. In doing so, translation is understood as a self-nurturing scientific position in its encounter with modelling and the resulting simulations.
  • Interrogation/Criticism
    Interrogation identifies the necessary types of questions about the role, the nature and the challenges of the researcher’s involvement in all aspects of his work. Whether it is about implementing his expertise to urban development, and architectural and urban production, about specific commissions within contractual research, or about giving back to the people involved in our research, our methods to investigate in situ make us interact with the communities of “practitioners”, of users and of researchers. Therefore, we cannot dismiss what our analysis owes to expertise and ordinary knowledge. This fact entails not only reflexive practices, but also a broader formulation and objectification of the critical position. This position implies thus another critical work from the sensitive experience, and theoretical tests produced by our empirical research contextual frameworks: temptation of radicality or politisation of some research subjects, pragmatic requirements for dense descriptions, shift from narration to fiction, etc. These questions also initiate a reflection on architectural and urban criticism. On that aspect, the Laboratory can contribute, thanks to its different theoretical inputs and multidisciplinary approaches.

Groupes de recherche

Les actions de recherche du laboratoire AAU, contractuelles ou non, s’organisent et se développent au sein de groupes de recherche. Ces groupes auto-constitués par les chercheurs du laboratoire selon des perspectives et des temporalités variées, offrent des échelles de travail adaptées à la construction collective et collaborative sur des thématiques partagées.

Research Groups

Research groups organise and develop the AAU Laboratory’s research, whether it is contractual or not. The researchers, according to different perspectives and temporalities, initiate these groups voluntarily. This allows for ranges of work that are adapted to a collective effort and collaboration about shared themes.

Espaces de débat et de diffusion

Ces espaces issus de projets du laboratoire AAU sont en prise avec de plus larges communautés scientifiques. Ils offrent des opportunités de collaboration entre les chercheurs du laboratoire et leurs partenaires, et ils sont des relais pour des actions partenariales nationales et internationales. Ils sont dotés d’un fonctionnement autonome.

Forums for discussion and dissemination

Projects from the AAU Laboratory initiate these forums. They are involved with larger scientific communities, offer collaboration opportunities between the Laboratory’s researchers and their partners, and act as bridges for actions between national and international partnerships. They work independently.