S’appuyant sur l’effervescence dont fait l’objet le terme de scénographie actuellement dans le milieu créatif (FREYDEFONT, 2012), il s’agit ici d’analyser l’émergence d’un marché du travail autour de la scénographie urbaine dans la fabrique de la ville.
En effet depuis les années 1980, dans un contexte d’essor d’une forme de « ville événementielle » (CHAUDOIR, 2000), nous assistons à une multiplication de propositions artistiques et « d’événements urbains festifs » (MIRANDA, 2010) déployant des dispositifs scénographiques dans l’espace public. Ce travail propose d’étudier l’apparition d’une fonction spécifique de scénographie urbaine dans les métiers de l’urbain et de définir ses différentes typologies. Le cas de « la ville de Nantes » est ici considérée comme un laboratoire des différentes formes que peut prendre la scénographie urbaine, car depuis une trentaine d’années , cette ville a mis en œuvre une politique d’action culturelle sur l’ensemble de son territoire. En observant l’évolution des pratiques des acteurs de la fabrique urbaine face à cette demande de ville « créative et culturelle » et en analysant les moyens mis en place pour répondre à cette demande émergente, il convient de montrer le faisceau de compétences en jeu autour de cette notion de scénographie.
Nous nous interrogeons sur les facteurs de l’émergence d’un marché autour de la scénographie dans la fabrique urbaine. Puis, nous observerons la réponse proposée par le groupe historique des scénographes pour accéder à ce marché. Enfin, plus largement, les mutations de la profession du scénographe dans l’espace urbain seront évoquées.