Depuis le début du XXème siècle l’ensemble des arts est sollicité en architecture, non plus comme finalité, mais comme médium pour le processus de conception. Dans l’après-guerre, les prises de consciences sociales, politiques et philosophiques ont fait naître en architecture des réflexions dépassant la connaissance des arts pour se diriger vers des approches liées à l’humain et sa sensibilité.

Depuis deux décennies environs nous atteignons des extrêmes, passant du « travail de papier » à celui de virtualité, démarches orientées sur les nouvelles technologies, remettant ainsi en cause la question de la pérennité de l’architecture, de l’héritage des démarches passées, ainsi que l’insistance sur la scénographie, la notion de l’éphémère et de la narration. Depuis la seconde guerre mondiale ces acteurs contemporains se sont saisis de la notion de limite par la présence même de lieux questionnant la notion de mémoire et de lieux de mémoire.

Ces lieux de mémoires, espaces physiques, localisés, en lesquels les souvenirs et la mémoire collective prennent place, sont à la fois destinations de pèlerinages convoquant le souvenir et la transmission historique. Ils sont avant tout des entités, construites ou non. Ces espaces peuvent être soumis à l’intervention architecturale, après celle de l’homme. Nous aborderons la question de la mémoire liée à la seconde guerre mondiale et son caractère inconcevable par l’étude de la notion de mémorial.
Le projet de thèse s’intéresse à ces espaces de mémoire tragique ainsi qu’aux démarches des architectes et les projets perpétuant la trace de l’histoire. Déjà présents, ils sont supports à de nouveaux projets, à l’instar des ready-made de Duchamp, on peut les considérer comme « ready-there », des « déjà-là ».