L’évolution fulgurante de l’usage des services numériques dématérialisés dans les « nuages » ou clouds conduit à une explosion de la circulation des données sur les réseaux interconnectés. La circulation des données et la dématérialisation des services ont un coût énergétique et environnemental désormais conséquent et soulèvent des questions de souveraineté informationnelle, de disponibilité, d’intégrité et de confidentialité des données.

Nous soutenons dans ce projet de thèse que les enjeux environnementaux et politiques de l’intensification du trafic de données concernent directement l’architecture et l’aménagement urbain. Les environnements construits, comme réceptacles ultimes des activités numériques liées aux activités sociales, peuvent et doivent devenir des acteurs conscients dans le déploiement des équipements nécessaires à l’organisation du trafic et du stockage des données, et dans la maitrise des usages qui en sont faits. Les enjeux sociétaux liés à ces questions sont d’ores et déjà très importants et ils vont devenir cruciaux dans les décennies à venir, avec la démultiplication des usages et de la dématérialisation des services.

Partant d’une collaboration soutenue par le CNRS entre un laboratoire d’architecture et un laboratoire d’informatique, ce projet de thèse propose d’étudier les potentialités énergétiques, environnementales et gouvernance des données. L’ensemble devrait aboutir, à l’issue de la thèse, à la mise en œuvre d’un scénario d’expérimentation grandeur réelle.