FR

Ce travail de recherche s’intéresse à la condition habitante en maison dans l’urbain diffus. Il s’attache moins à définir la notion de périurbain que d’explorer ces lieux d’un point de vue habitant, en s’appuyant sur des méthodes qualitatives, inductives et compréhensives. En effet, l’objectif est d’analyser, comprendre, décrypter des comportements, des pratiques, des paroles, des discours, des imaginaires habitants. Pour ce faire, les approches sociologique et ethnographique sont privilégiées, mêlant principalement entretiens compréhensifs à domicile avec les habitants, observations directes dans différents lieux et temporalités et participation observante au sein d’une maisonnée québécoise. Une attention particulière se porte sur les paroles habitantes – révélatrices de situations hétérogènes -, afin de les remettre au cœur de la compréhension des phénomènes et lieux observés.

La mise en perspective de trois terrains, dont deux principaux, est privilégiée afin de mettre en avant des similitudes mais surtout des caractéristiques propres à chacun, de relever des variants et invariants à cette urbanisation diffuse et de montrer les effets des contextes locaux. Le rapport de la chercheure aux terrains est varié : contexte de familiarité pour le Pays de Brest, contexte de décentrement pour Québec et contexte de proximité pour Nantes-Saint-Nazaire.

La thèse s’attache à analyser d’une part les pratiques quotidiennes habitantes, avec une approche géographique. En amont sont traités les imaginaires habitants autour des termes de ville, campagne, littoral pour en venir au périurbain ou aux banlieues (Québec). Entre aménités urbaines, culturelles, naturelles, plusieurs habitants considèrent tout avoir « à côté » ou « autour » de chez eux. Les pratiques de déplacements, notamment automobiles, sont omniprésentes et donc étudiées afin de comprendre comment les habitants se déplacent et vivent sur ces territoires quotidiens et maillés qui dépassent les simples frontières administratives. Finalement, différentes polarités se dessinent sur ces territoires occupés, pratiqués, habités.

D’autre part, la thèse s’intéresse à la maison située dans les lieux décrits auparavant. Sont explicités les parcours résidentiels qui mènent à cette condition actuelle : habiter dans une maison avec un jardin. Les déménagements sont étudiés puisqu’indicateurs d’éventuels souhaits, désirs et choix. On s’intéresse aussi, au-delà de certaines logiques habitantes, qui s’expriment généralement lors de la recherche d’une maison, aux imaginaires habitants et aux expériences (passées, présentes et désirées, projetées) qui s’y rapportent. Comprendre ce désir fort de maison et de jardin, auquel se rattache la volonté d’accession à la propriété, est alors au cœur des préoccupations. Les notions d’appropriation des espaces et d’identité au sein d’une maisonnée par exemple sont étudiés dans le même temps que la notion d’attachement des habitants à leurs lieux d’habitation.

On évoque aussi le quotidien et les habitudes des habitants, tant au niveau des mobilités, du rapport au jardin, des sociabilités, des achats, de l’organisation, du voisinage, de rituels, de l’occupation des espaces de la maisonnée, du rapport au temps, etc. Diverses situations quotidiennes, à différentes échelles donc, sont racontées à la fois par les paroles habitantes et par la restitution des situations vécues en amont, pendant ou en aval de ces rencontres habitantes. Les évolutions, transformations, adaptations voire les bouleversements de ces vies quotidiennes sont également importants, notamment pour comprendre les liens sociaux entre les différents habitants de la maisonnée, de la rue, de la commune.

Finalement, ce désir de maison et de jardin dans l’urbain diffus s’appréhende grâce à la combinaison des paroles habitantes, des pratiques quotidiennes, mais aussi des imaginaires à la fois sociaux, individuels et collectifs qui peuvent apparaitre grâce aux expériences spatiales, vécues ou encore sensibles.

Mots-clés : condition habitante, entretiens compréhensifs, enquêtes ethnographiques, habitants, habitudes, imaginaires, maison, mobilités, modes de vie, paroles habitantes, périurbain, pratiques, quotidien, sociabilités, urbain diffus.

EN

This research focuses on the inhabitants’ condition in a house in the diffuse urban. It deals less about the definition of the concept of peri-urban and more about the exploration of these places from an inhabitant’s point of view, by relying on qualitative, inductive and comprehensive methods. Indeed, we aim to analyse, understand, decipher the inhabitants’ behaviour, practices, words, speeches and imaginations. To do so, sociological and ethnographic approaches are favoured, mainly blending comprehensive interviews at home with the inhabitants, direct observations in different places and at different times, and observing participation inside a Quebec-based house. Particular attention is given to the inhabitants’ words, which reveal heterogeneous situations, to put them at the heart of the understanding of the observed phenomena and places.

The perspective of three study fields, including two main ones, is preferred as to highlight the similarities, but mainly each one’s characteristics, to consider the variable and non-variables parts of this diffuse urbanisation and to show the effects of local contexts. The relationship between the research and the study fields is varied: familiarity for the Pays de Brest, decentring for Québec and proximity for Nantes-Saint-Nazaire.

On the one hand, the thesis aims to analyse the inhabitants’ daily practices, with a geographical approach. Upstream, we study the inhabitants’ imaginations around the concepts of city, countryside, coast, to arrive at peri-urban or suburbs (Québec). Between urban, cultural, natural amenities, several inhabitants consider that they have everything “right next door” or “around” their house. Movements, in particular automobile ones, are omnipresent and thus studied as to understand how the inhabitants move and live on these daily and mesh territories that go beyond just administrative borders. Lastly, different polarities emerge on these occupied, practices, inhabited territories.

On the other hand, the thesis focuses on the houses located in aforementioned places. The residential journeys leading to the current condition are explained: living in a house with a garden. Relocations are studied, as they are a potential indicator of wishes, desires and choices. Beyond a certain inhabitant logic that usually emerge when looking for a house, we also focus on inhabitants’ imaginations and the experiences associated with them (past, current and desired, projected). Understanding the strong desire for a house and a garden, with the will to access the property attached to it, is then at the heart of preoccupations. The concepts of appropriation of spaces and of identity within a house, for example, are studied at the same time as the concept of the inhabitants’ attachment to their home.

We also mention the inhabitants’ daily life and habits, both at the level of mobilities, of the relationship to the garden, of sociabilities, of spending, of organisation, of neighbours, of rituals, of occupation of space in the house, of the relationship to time, etc. Those are thus different daily situations on different scales, which are told both by the inhabitants and by the restitution of situation experience before, during or after these meetings. The evolutions, transformations, adaptations and even disruptions of the daily lives are also important, especially to understand the social links between the different inhabitants of the house, of the street, of the city.

Lastly, the desire for a house and a garden in the diffuse urban is understood with the combination of the inhabitants’ words, daily practices, but also imaginations that are social, individual and collective and that can emerge with spatial, experienced and sensitive experiences.

Keywords: inhabitants’ condition, comprehensive interviews, ethnographic surveys, inhabitants, habits, imaginations, house, mobilities, lifestyles, inhabitants’ words, peri-urban, practices, daily, sociabilities, diffuse urban.