Espaces publics et hospitalité des ambiances – ethnographie de deux places métropolitaines : La Plaine et La place de la République
DOUMÉ Patricia Thèse de doctorat débutée en 2026
Encadrement : Nicolas Tixier
Financement : MetroFabLab - projet SFRI
Présentation Thèse
FR /
Face aux dynamiques contemporaines de métropolisation, la fabrication des espaces publics est
de plus en plus traversée par des logiques de rationalisation, d’attractivité événementielle,
d’aseptisation et de captation attentionnelle. Dans ce contexte où la ville tend à substituer
l’animation programmée ou marchande à la liberté de présence, ce projet de thèse interroge les
conditions concrètes d’une hospitalité des ambiances. Il enquête sur la manière dont l’architecture,
le dessin d’aménagement, mais aussi la gestion et la maintenance quotidiennes façonnent des
milieux sensibles (sonores, lumineux, matériels, rythmiques) capables d’accueillir ou d’empêcher
le simple fait de pouvoir s’arrêter et rester quelque part.
À la croisée de l’architecture, de l’urbanisme et de la sociologie, la recherche problématise la
notion de « désoccupation », entendue comme la possibilité d’une présence libre, déliée de toute
injonction à consommer, agir ou participer. Face à la sur-sollicitation de l’espace urbain, l’enquête
cherche à comprendre s’il existe encore des moyens de se poser sans être continuellement happé
par ce qui se passe aux alentours. Elle prête une attention particulière à la dimension infra-
ordinaire du quotidien, en observant la pluralité des corps présents et les modalités de cohabitation
qui s’y déploient, en intégrant notamment les questions de genre et d’accessibilité des lieux.
Pour saisir les passages entre intentions de projet, arbitrages de gestion et expérience vécue, la
recherche déploie une démarche ethnographique comparative sur deux places métropolitaines aux
trajectoires d’aménagement contrastées : la place de la République à Paris et la place Jean Jaurès
(la Plaine) à Marseille. L’enquête articule l’analyse des documents de conception avec des
méthodes d’enquête sensibles et visuelles (parcours commentés, observations récurrentes,
reconductions photographiques et filmiques, récits d’usager.e.s) afin de documenter les écarts
entre espace projeté, espace géré et espace éprouvé.
EN /
In the context of contemporary dynamics of metropolisation, the production of public spaces is
increasingly shaped by logics of rationalisation, event-driven attractiveness, sanitisation, and
attentional capture. As the city tends to substitute programmed animation or commercial activities
for the freedom of presence, this PhD research investigates the concrete conditions of an
hospitality of ambiances. It explores how architecture, spatial design, as well as daily management
and maintenance shape sensory environments (sound, light, materiality, rhythms) capable of
welcoming or preventing the simple act of stopping and lingering somewhere.
At the intersection of architecture, urban planning, and sociology, this study problematises the
concept of “disoccupation”, understood as the possibility of an unprescribed presence, free from
any obligation to consume, act, or participate. In response to the over-solicitation of urban space,
the research seeks to understand whether there are still ways to settle down without being
continuously absorbed by surrounding activities. It pays particular attention to the infra-ordinary
dimension of everyday life, observing the diversity of bodies present and the modes of cohabitation
that unfold, while integrating issues of gender and spatial accessibility.
To capture the shifts between design intentions, management trade-offs, and lived experience, the
research deploys a comparative ethnographic approach across two metropolitan squares with
contrasting development trajectories: Place de la République in Paris and Place Jean Jaurès (La
Plaine) in Marseille. The study articulates the analysis of design documents with sensory and
visual fieldwork methods (commented walks, recurring observations, photographic and filmic
repeat photography, and user narratives) to document the gaps between projected space,
managed space, and experienced space.
