Sensibilia – Récit polyphonique de géobiologie
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https://dn720006.ca.archive.org/0/items/recit-polyphonique-de-geobiologie/GEOBIO%20-%20Lecture%20polyphonique.mp3
présentation des enregistrementsCette lecture polyphonique est issue d’une recherche sur les pratiques de la géobiologie, menée par des chercheuses et chercheurs des laboratoires PACTE et AAU-Cresson, à Grenoble, dans le cadre de deux projets financés par le labex ITTEM et l’ANR Sensibilia, entre 2020 et 2026. La géobiologie peut se comprendre comme une pratique de soin énergétique des lieux et de la Terre, appliquée à des lieux de résidence, mais aussi à des jardins et des exploitations agricoles. Longtemps pratiquée dans un cadre informel, celui des médecines populaires, du magnétisme et de savoirs environnementaux vernaculaires (chercher de l’eau, par exemple), elle se développe aujourd’hui de manière plus institutionnalisée. Des organismes de formations professionnelles sont créés, participant de l’essor des médecines alternatives ou naturelles, et d’un intérêt pour l’éco-habitat chez les architectes. Les géobiologues se présentent alors comme des « thérapeutes du lieu », qui interviennent en cas de mal être sur un lieu de vie ou en amont d’une construction pour favoriser le bien-être. Le développement de la géobiologie est controversée, alors que beaucoup de phénomènes mentionnés ne sont pas « éprouvés » par les sciences modernes. Cela place ces expériences sur le registre de la croyance, de la superstition, face aux faits d’une physique avérée. La géobiologie est d’autant plus controversée qu’elle est amenée à intervenir et à produire des discours sur des pollutions invisibles liées au développement technologique rapide et leurs effets peu documentés sur la santé et le bien-être – lignes très haute tension, développement massif d’éoliennes, satellites et 5G par exemple. Notre positionnement pour cette enquête, face à des pratiques marginalisées, a été d’adopter une posture pragmatiste, c’est-à-dire de donner voix à ces expériences malgré leur « discordance » par rapport à la rationalité commune, et de ne pas les disqualifier de prime abord, afin de mieux comprendre la perception du monde qui les constitue. C’est dans le cadre de cette enquête qu’un atelier de terrain a été mené sur la commune de Jarrie, à quelques kilomètres au sud de Grenoble, en février 2023. Une équipe de trois géobiologues s’est mobilisée, dans le but de réaliser une étude géobiologique et électromagnétique d’un lotissement résidentiel, marqué par des présences industrielles imposantes : plateforme chimique et lignes à très haute tension. Cinq chercheuses et chercheurs ont accompagné cet atelier, à la fois pour observer et documenter les pratiques des géobiologues et pour tisser du lien avec les habitant·es rencontré·es en amont et durant les deux journées d’atelier. Deux journées à s’exposer sous les lignes haute tension, à explorer les phénomènes géobiologiques et électromagnétiques, sous les regards parfois curieux et intéressés des quelques habitant·es que nous avons pu rencontrer sur place. |
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