Financement ADEME, appel à projet DIQACC – Données individuelles de la qualité de l’air et changement de comportements.

Projet impliquant au laboratoire AAU-CRENAU les chercheurs Gwendoline L’Her, Myriam Servières, Daniel Siret, Laurent Devisme.

Partenaires : UMR ARENES École des hautes études en santé publique (EHESP) – Françoise Jabot, Guilhem Dardier, Anne Roue Le Gall, la Maison de la consommation et de l’environnement de Rennes (Mce), la ville de Rennes.

Améliorer la qualité de l’air est un enjeu public majeur pour protéger la santé humaine et préserver les écosystèmes naturels. Avec le développement récent des micro-capteurs, on voit émerger des pratiques de métrologie citoyenne de qualité de l’air extérieur. Plusieurs collectivités territoriales (Rennes, Barcelone, Grenoble…) s’intéressent à l’utilisation de ces capteurs au sein de dispositifs participatifs pour agir sur le problème de la qualité de l’air. L’enjeu principal du point de vue des politiques de santé publique est de développer autour du capteur une posture d’ambassadeur qui a pour rôle de sensibiliser sur la qualité de l’air (éducation par les pairs). Pour interroger ce passage entre captation citoyenne et sensibilisation citoyenne, le consortium propose de prendre comme cas d’étude l’initiative Ambassad’air à Rennes qu’il suit depuis son lancement en 2016.

A partir d’une approche comparative des trois saisons Ambassad’air, la question centrale du projet CapCi est la suivante : les métrologues citoyens d’Ambassad’air deviennent-ils des porteurs de cause capables de faire évoluer les comportements de leur entourage et de faire évoluer les actions publiques sur la qualité de l’air ? Cette question orientée vers les politiques publiques ne doit pas masquer la diversité des pratiques. L’étude des saisons 1 et 2 a montré l’existence de plusieurs régimes d’action : limiter son exposition, minimiser son impact sur l’environnement, adopter une vigilance accrue, sensibiliser, mobiliser dans les arènes publiques L’absence d’impact tangible sur la qualité de l’air des actions entreprises laisse parfois place à un sentiment d’impuissance quant à la capacité à agir et peut conduire à terme à l’abandon des nouvelles pratiques. Pour rendre compte de ces temps de l’action réalisée ou non aboutie, le consortium propose d’employer la notion de trajectoire d’action qu’il s’attachera à étudier dans le cadre du présent projet. Les objectifs du projet sont d’identifier les changements de pratiques en décrivant les trajectoires d’action des métrologues citoyens, et de les mettre en perspective avec les perceptions et représentations du rôle d’ambassadeur. Il s’agira ensuite, au sein d’atelier regroupant les participants des trois saisons, de développer une approche réflexive sur les modalités de production et d’usage des données individuelles de qualité de l’air pour mettre en évidence les modes de compréhension et d’interprétation des phénomènes, des risques et des rôles. Enfin la scalabilité de l’initiative Ambassad’air avec le passage de l’échelle du quartier à celle de la ville/métropole et ses effets sur l’adoption du rôle d’acteur-relais sera évaluée.

La méthodologie repose sur une approche mixte qui se caractérise par un aller-retour auprès des enquêtés, avec l’utilisation séquencée d’outils de recherche qualitatifs (entretiens, observation participante, focus group) et quantitatifs (analyse des données issues des micro-capteurs). Le projet s’organise en trois phases principales en plus d’une tâche de valorisation. La première est le suivi de la saison 3 d’Ambassad’air pour permettre une approche comparative avec les deux premières saisons. La seconde est l’analyse des données issues des micro-capteurs Ambassad’air à partir d’outils développés précédemment par l’équipe, avec l’objectif d’identifier des pratiques-types d’usage du micro-capteur. La troisième phase sera l’organisation, le suivi et l’analyse d’ateliers regroupant des ambassad’airs des trois saisons sur la thématique « de la captation à l’usage des données ». Il s’agira ici de mettre en relation les stratégies de captation, les trajectoires d’action et la perception de la figure d’Ambassadeur de la qualité de l’air.

Les membres des deux UMR CNRS se sont associés pour apporter un éclairage pluridisciplinaire sur les questions relatives aux stratégies d’intervention des politiques de santé publique (Françoise Jabot), les questions qui relèvent de sociologie urbaine et de la méthodologie d’enquête (Laurent Devisme), les questions d’urbanisme et santé en lien avec les données de qualité de l’air (Anne Roue Le Gall), les questions liées à l’analyse de données et aux outils numériques mobiles (Myriam Servières), les questions liées à l’environnement et aux ambiances urbaines (Daniel Siret).