• Partenaires :  le CEREMA, pour le CRENAU Thomas Leduc et Myriam Servières, l’IFSTTAR, DIXIT, Nantes Métropole Aménagement.
  • Projet financé par l’ADEME dans le cadre de l’appel à projets de recherche Modeval-Urba (Modélisation et évaluation au service des acteurs des territoires et des villes de demain).

L’artificialisation des sols urbains conjuguée au changement climatique confronte nos villes à divers phénomènes préjudiciables au confort, au bien-être et plus globalement à la santé des citadins (en termes d’ilots de chaleurs urbains (ICU), de risque inondation, de biodiversité comme de biogéochimie, etc.). Lorsque cette artificialisation s’accompagne d’une imperméabilisation de la surface, à la fragmentation écologique s’ajoutent l’accroissement de la stabilisation et du compactage du substrat, l’altération de l’albédo urbain, la perte de fertilité, de capacité de stockage et de régénération du sol… toutes nuisances susceptibles d’amplifier les phénomènes susmentionnés.

Cette imperméabilisation, qui est généralement induite par un changement d’usage des lieux, n’est cependant pas nécessairement irréversible. Il est légitime d’anticiper, par le biais d’une désimperméabilisation, de restaurer certains cycles naturels (eau – recharge de nappe, carbone, oxygène, etc.) et de favoriser la régulation naturelle de la température d’air ambiante notamment. Cette réversibilité ne doit toutefois pas faire l’impasse sur certains effets de bord liés notamment aux remontées de nappes phréatiques ou à la séquestration de polluants comme de carbone dans les sols et aux risques de résurgence ou propagation des polluants vers les eaux souterraines afférents.

DésiVille est un projet interdisciplinaire de 36 mois qui vise à apporter une réponse intégrée à la thématique de désimperméabilisation des sols urbains. Il convient en effet de prendre en considération dans cette dynamique l’ensemble des « composants » du système étudié et plus précisément : les usages et choix de réaménagement (enjeux sociaux, esthétiques et économiques notamment), l’atmosphère, les revêtements de surface, le sous-sol et les eaux souterraines, et de modéliser l’ensemble des flux (énergétiques, hydriques, polluants potentiel, etc.) qui le caractérisent avant / pendant / après désimperméabilisation. La proposition mobilise différentes modalités scientifiques. L’articulation sera assurée au moyen de géotraitements réalisés dans un SIG.

Pour traiter les transferts sur-sol/interface/sous-sol, mais aussi la complexité inhérente à la diversité des échelles et phénomènes en jeu (aléa climat local/phénomène d’ICU, aléa pollution des sols, aléa inondation par remontée de nappes, aléa vulnérabilité des eaux souterraines, aléa aménités d’espace, etc.), un consortium pluridisciplinaire a été réuni associant des chercheurs du BRGM, du CEREMA, du CNRS et de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, de l’IFSTTAR à des experts de l’urbanisme opérationnel (bureau d’étude, aménageur-NMA) en interaction avec la collectivité locale (Nantes Métropole). Il bénéficiera de l’expertise, des données et des résultats acquis dans le cadre des projets européens Urbinat et Nature4Cities, et du projet Muse cofinancé par l’ADEME.