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Equipe de recherche :
Federica Gatta – Coordinatrice du projet (UMR PACTE/Justice sociale, Univ. Grenoble Alpes)
Pierre-Olivier Garcia (UMR PACTE/Environnements, Univ. Grenoble Alpes)
Cécile Leonardi (AE&CC, ENSAG)
Théa Manola (UMR AAU/CRESSON, ENSAG)
Anne d’Orazio (UMR LAVUE/LET, ENSAPLV)
Josselin Tallec (UMR PACTE/Villes et Territoires, Univ. Grenoble Alpes)
Silvère Tribout (UMR PACTE/Villes et Territoires, Univ. Grenoble Alpes

Durée
Juin 2019Mai 2021

Le projet de recherche GrinnUrb propose de questionner la nature, les enjeux et les implications de la mise en place d’appels à projets dits innovants dans le domaine de l’aménagement urbain. Par une analyse des processus de définition des projets, des programmes et des compétences des acteurs mobilisés dans les « appels à innover », il vise à comprendre et à interroger les possibles reconfigurations de la gouvernance urbaine et de ses conséquences sociales et spatiales dans les villes.

Les consultations émises par les acteurs publics sous la forme d’Appels à Manifestation d’Interêt (AMI) ou d’Appels à projets urbains innovants (APUI) occupent une place grandissante dans la sphère médiatique, mais se trouvent surtout au centre d’un débat professionnel et scientifique naissant. Elles sont pensées de manière à encourager des groupements privés (entreprises, associations, architectes, maîtres d’ouvrage, investisseurs, …) « interdisciplinaires » à intervenir de manière « innovante » sur des emprises de grandes propriétés publiques pour la réalisation de projets à échelles spatio-temporelles variables. Ces appels semblent modifier les processus de projet urbain en invitant les groupes à acquérir ou louer le foncier en prenant en charge tout aussi bien le contenu que le montage technique et financier des projets. L’étude de ces processus ouvre des perspectives nouvelles sur les évolutions de la façon de faire et de penser l’urbanisme contemporain en particulier pour ce qui concerne les relations entre quête d’innovation, dynamiques d’austérité financière et démocratie participative.

La recherche pose l’objectif de mettre en perspective la notion d’innovation avec celle de projet à travers deux axes :

  • les instruments et modèles de la gouvernance et les reconfigurations des acteurs, des compétences et des coopérations interprofessionnelles ;
  • les implications de ces dispositifs sur l’urbain, ses temporalités et ses publics.

Il s’agira de questionner à la fois la gouvernance de ces dispositifs à travers trois typologies d’acteurs principaux (maitrise d’ouvrage publique, porteurs de projet, investisseurs) et leur impacts sociaux (publics ciblés et mobilisés), physiques (espace et articulations spatiales) et relationnels (débats et conflits).

Ce sujet sera exploré à travers le prisme du cas d’études de la Ville de Grenoble qui a lancé en 2017 un AMI (Gren’ de Projet) invitant à proposer des projets de rénovation et programmation de six bâtiments publics avec une forte dimension urbaine et métropolitaine. Ce contexte paraît représentatif des dynamiques d’austérité et de participation et semble pouvoir ouvrir des réflexions nouvelles sur les échelles d’action de ces dispositifs.

A travers la mise en place d’une enquête ethnographique composée d’une série d’entretiens et de l’observation participante de trois processus de projet issus de l’AMI, la recherche permettra de qualifier l’impact, encore peu connu de ces dispositifs sur les processus de fabrique urbaine. Elle participera également à comprendre et à mettre en tension les contraintes et les valeurs, implicites ou explicites, qui fondent aujourd’hui les démarches dites d’innovation.

En troisième lieu la recherche visera à approfondir le débat sur les interactions entre urbanisme d’austérité (notion encore peu mobilisée dans le débat français) et urbanisme participatif.

 

EN

Funding: IDEX Grenoble Alpes

Research team:
Federica Gatta – Project coordinator (UMR PACTE/Justice sociale, Univ. Grenoble Alpes)
Pierre-Olivier Garcia (UMR PACTE/Environnements, Univ. Grenoble Alpes)
Cécile Leonardi (AE&CC, ENSAG)
Théa Manola (UMR AAU/CRESSON, ENSAG)
Anne d’Orazio (UMR LAVUE/LET, ENSAPLV)
Josselin Tallec (UMR PACTE/Villes et Territoires, Univ. Grenoble Alpes)
Silvère Tribout (UMR PACTE/Villes et Territoires, Univ. Grenoble Alpes

Duration
June 2019 – May 2021

The Grinn’Urb research project aims to question the nature, stakes and implications of the implementation of so-called innovative calls for projects in urban planning. By analysing the processes of defining the projects, programmes and competences of the actors who are mobilised in “calls to innovate”, this study aims to understand and questions the possible reconfigurations of urban governance and its social and spatial consequences in the cities.

The consultations shared by public actors as Calls for expression of interest or Calls for innovative urban projects represent a growing place in the media sphere. More importantly, they are at the heart of an emerging professional and scientific debate. They are conceived as a way to encourage “interdisciplinary” private groups (companies, associations, architects, project owners, investors, etc.) to operate in an “innovating” way on the control of big public properties for the realization of projects of various spatio-temporal scales. These calls appear to be modifying the processes of urban project by inviting the groups to buy or rent real estate, taking over both the content and the technical and financial installation of projects. The study of these processes opens new perspectives on the evolutions of the ways of doing and thinking about contemporary urban planning, particularly regarding the relations between search for innovation, dynamics of financial austerity and participatory democracy.

The study aims to put the concept of innovation into perspective with that of the project with two lines:

  • The instruments and models of governance and reconfigurations of actors, competences and interprofessional collaborations;
  • Implications of such devices on the urban, its temporalities and audiences.

We also aim to question both the governance of these devices through three types of main actors (public contracting authorities, project leaders, investors) and their social (targeted and mobilised audiences), physical (space and spatial articulations) and relational (debates and conflicts) impacts.

This topic will be explored through the prism of case studies of the City of Grenoble, which launched a Call for Expression of Interest in 2017 (Gren’ de Projet) that called for proposition of renovation projects and programmes of six public buildings with a strong urban and metropolitan dimension. This context appears to represent the dynamics of austerity and participation. It seems to open new reflections on the scales of action of these devices.

Through the implementation of an ethnographic study made up of a series of interviews and the participating observation of three project processes from Calls for expression of interest, the research will qualify the impact, to this day little known, of these devices on the processes of urban construction. It also participates in the understand and the tensioning of implicit and explicit constraints and values that are the base of the so-called innovation-based approaches.

Lastly, the research aims to further the debate on interactions between austerity-related urbanism (a concept still little used in the French debate) and participatory urban planning.