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Résumé

La métropole grenobloise, forte d’environ 450 000 habitants, doit aujourd’hui s’inscrire dans un nouveau contexte d’évolution des grands centres urbains, en questionnant notamment son modèle de développement, qui repose sur des synergies fortes entre industries, centres de recherche et administrations. Son économie comme son environnement restent fragiles et exposés à des risques, qu’il apparaît nécessaire d’identifier et d’anticiper. Ce constat amène les acteurs grenoblois à réfléchir à la manière dont ils peuvent améliorer la résilience de la métropole, c’est-à-dire sa capacité à résister aux crises, mais aussi, au-delà, à s’adapter aux mutations contemporaines.

Les mutations du système socio-économique local La résilience grenobloise est évaluée à l’aune des évolutions contemporaines du modèle socio-économique local. Celui-ci, souvent qualifié de « technopolitain », a été impulsé par les institutions publiques : il repose sur des incitations à l’innovation pour favoriser le développement économique et sur la promotion d’une urbanité durable par des projets conçus comme exemplaires. Si ce modèle présente des fragilités, il fait néanmoins preuve de capacités d’adaptation, notamment face aux transitions numériques et écologiques. Dans le même temps, la métropole grenobloise se caractérise, à l’instar de nombreuses métropoles, par l’émergence de pratiques socio-économiques alternatives. Celles-ci reposent sur des initiatives individuelles ou collectives, relevant de l’expérimentation sociale. L’enjeu est de comprendre ici si ce mode de développement peut être articulé avec le modèle « technopolitain » et en quoi leur rapprochement peut renforcer la résilience locale.

La montagne dans les stratégies métropolitaines La métropole grenobloise est inscrite dans un contexte géographique spécifique. Il s’agit d’évaluer si une meilleure prise en compte par les politiques publiques des territoires voisins et notamment de l’environnement montagneux peut contribuer à la résilience. Cela implique d’étudier comment la présence de la montagne se manifeste et comment elle est perçue, notamment par les acteurs politiques et économiques grenoblois. Les stratégies de domestication de l’environnement, largement dominantes au XXème siècle, semblent en effet s’effacer au profit d’un développement territorial plus intégré et adapté de façon souple aux besoins et contraintes des plaines comme des pentes. La manière dont ces stratégies renouvelées sont élaborées et se concrétisent est analysée au travers des documents d’urbanisme métropolitains, mais aussi de projets mis en œuvre par les nombreuses parties prenantes, de statut public comme privé.

Articuler attractivité et hospitalité Il s’agit d’apprécier la capacité de la métropole grenobloise à accueillir des individus venant d’ailleurs. Cette capacité peut en effet être perçue comme un levier pour améliorer la résilience locale, notamment parce qu’elle peut aboutir à transformer le cadre de vie urbain, à développer les économies résidentielles et touristiques ou encore à améliorer les capacités d’accueil et d’intégration des populations vulnérables. Il s’agit en conséquence d’observer les flux migratoires, mais aussi les situations et les parcours concrets de métropolitains temporaires et de néo-métropolitains, qu’ils soient ingénieurs, étudiants, touristes, réfugiés ou migrants. À l’aune de ces données et de ces expériences, l’enjeu est de réfléchir de façon exploratoire aux politiques publiques à mettre en œuvre en considérant l’ensemble du territoire métropolitain comme un bien commun.

Thèmes : Mutations des économies / Pratiques et initiatives habitantes / Paysages et biodiversité / Solidarités

Equipe

POUR PACTE : Magali TALANDIER, Direction scientifique du programme , Charles AMBROSINO, Jennifer BUYCK, Ségolène COGNAT, Cristina DEL BIAGGIO, Nicolas DOUAY, Josselin TALLEC, Silvère TRIBOUT

POUR GEM : Thibault DAUDIGEOS

POUR AAU-CRESSON : Nicolas TIXIER, juL McOISANS et de Pauline GORGE (Stagiaire ESAD•GV)

Autres acteurs impliqués : Grenoble-Alpes Métropole, Agence Urbanisme de la région grenobloise

EN

Summary

Nowadays, the Grenoble metropole, with around 450,000 inhabitants, needs to adhere to a new context of evolutions for major urban centres, which questions its model of development, relying on strong synergies between industries, research centres and administrations. Both its economy and its environment remain fragile and at risk, which seem necessary to identify and anticipate. This statement led Grenoble-based actors to think about the way they can improve the city’s resilience, i.e. its ability to resist crises, as well as, beyond that, to adapt to contemporary changes.

The changes of the local socio-economic system

The Grenoble resilience is evaluated from the perspective of contemporary evolutions of the local socio-economic system. The latter, often qualified as “technopolitan”, was driven by public institutions: it relies on incentives for innovation to encourage economic development and on the promotion of a sustainable urbanity with projects designed to be exemplary. While this model has fragilities, it still shows adaptability, in particular in the face of digital and ecological transitions. At the same time and as with other cities, the Grenoble metropole is characterised by the emergence of alternative socio-economic practices. They rely on individual or collective initiatives that rely on social experiments. The point is to understand if this mode of development can be articulated with the “technopolitan” model, and how their convergence can strengthen local resilience.

The mountain within metropolitain strategies

The Grenoble metropole belongs to a specific geographic context. We intend to assess whether a better consideration of neighbouring territories, in particular the mountain environment, by public authorities could contribute to the resilience. It means that we need to study how the presence of mountains manifests and how it is perceived, in particular by Grenoble-based political and economic actors. The strategies for the domestication of the environment, major in the 20th century, appear to gradually banish to the benefit of a territorial development that is more integrated and adapted to needs and constraints of plains and slopes. The way the renewed strategies are elaborated and accomplished is analysed with metropolitan planning documents, as well as projects implemented by the many public and private stakeholders.

Articulating attractivity and hospitality

We aim to appreciate the ability of the Grenoble metropole to welcome individuals from elsewhere. This capacity can indeed be perceived as a driving force to improve local resilience, mainly because it can result in the transformation of urban living environments, the development of residential and tourist economies, or the improvement of welcoming and integration abilities for vulnerable populations. Therefore, we aim to observe migration flows as well as the concrete situations and routes of temporary metropolitans or neo-metropolitans, whether they are engineers, students, tourists, refugees or migrants. With this data and these experiences, the point is to think in an exploratory way about public policies that we need to implement while considering the metropolitan territory as a whole as a common good.

Themes: Changes of economies/Practices and inhabitant initiatives/Landscapes and biodiversity/Solidarities

Team

  • FOR PACTE: Magali TALANDIER, Scientific direction of the programme, Charles AMBROSINO, Jennifer BUYCK, Ségolène COGNAT, Cristina DEL BIAGGIO, Nicolas DOUAY, Josselin TALLEC, Silvère TRIBOUT
  • FOR GEM: Thibault DAUDIGEOS
  • FOR AAU-CRESSON: Nicolas TIXIER, juL McOISANS and Pauline GORGE (Intern ESAD•GV)
  • Other actors involved: Grenoble-Alpes Métropole, Agence Urbanisme de la région grenobloise