FR

A l’heure de l’incertitude économique, écologique, politique, les enjeux autour de la question « périurbaine » semblent modifiés. En effet, l’incertitude urbaine conduit à un changement de paradigme qui voit aujourd’hui des acteurs de la fabrique territoriale se repositionner sur la question « périurbaine ».

Dans ce cadre, notre thèse propose d’enquêter sur des « fabriques périurbaines » au prisme de différents projets dans la région de Saint Nazaire (projets de territoire, projets urbains…). Il s’agit notamment de questionner la transformation des processus organisationnels et les modalités de cette transformation (instruments, cadres d’action, changements culturels …) à l’aune d’enjeux renouvelés pour l’habitat dans les espaces intermédiaires (politique de densité, expérimentation). Il s’agit de considérer ces projets au travers d’une double entrée, celle d’un urbanisme ordinaire (planification, lotissements…) et celle d’un urbanisme « exceptionnel » (démarches de projets sur « l’habitat périurbain innovant », ateliers d’urbanisme dans des communes périurbaines, réalisation de démonstrateurs) dont la perméabilité et la confrontation restent à étudier.

Ce travail fait donc l’hypothèse qu’à l’aune du renouvellement des enjeux écologiques et sociétaux, le système de production de l’habitat au sein des espaces périurbains se voit modifié et une culture du projet périurbain est en voie de constitution. Quel fonctionnement émerge ? Quel croisement des champs de compétences ?

Par des situations de projets appréhendées de l’intérieur (ethnographie), l’étude de ces « ingénieries » constitue un moyen de comprendre comment agissent les acteurs au sein de ces territoires et ainsi de renouveler les connaissances sur le périurbain.

Il s’agit d’identifier les types de pouvoirs agissant dans ces projets et donc de décrire ce qui influence ces projets (pratique et production finale) par :

  • La reconstitution des contextes socio-politiques de ces projets ou plutôt des réseaux auxquelles ces projets sont rattachés (politiques publiques « périurbaines », évolutions institutionnelles…) -> contexte politique et luttes.
  • La prise en compte des non-humains dans le projet (instruments, techniques, outils …) par les acteurs.
  • L’identification de formes émergentes d’organisations et d’évolution des cultures professionnelles dans une perspective de changement (attitudes, compétences et activités).

Ainsi dans le cadre de notre enquête, nous nous intéressons à la relation entre des acteurs, des territoires et des instruments de l’action organisée. Dans une posture pragmatique, nous analysons les épreuves rencontrées par les praticiens permettant la concrétisation de ces projets afin d’identifier les freins et leviers au développement d’un urbanisme de projet au sein de ces espaces.

Ceci doit permettre d’identifier à la fois les caractéristiques de la conduite de l’urbanisme au sein des espaces de faibles densités urbanisés et de faire émerger les enjeux d’un nouveau régime de l’urbanisme dans le périurbain, « en train de se faire ».

EN

In the era of economic, ecological, political uncertainties, the challenges surrounding the “peri-urban” question seem to be modified. Indeed, this urban uncertainty results in a change of paradigm that witnesses actors of the territorial construction re-position themselves on that matter.

In this context, our thesis proposes to study “peri-urban constructions” through the prism of different projects in the Saint Nazaire area (territorial, urban, etc. projects). We particularly aim to question the transformation of organisational processes and the modalities of such a transformation (instruments, action frameworks, cultural changes…) by renewed stakes for habitat in intermediary spaces (management of density, experiment). The point is to consider these projects with a dual entry: that of ordinary urban planning (planning, housing developments…) and that of “exceptional” urban planning (project approaches on “innovative peri-urban habitat”, urban planning workshops in peri-urban cities, production of demonstrators) whose permeability and confrontation remain to be studied.

This work thus assumes that at a time of renewal of ecological and societal issues, the production system of habitat within peri-urban spaces is modified, and a culture of peri-urban project is under way. What functioning emerge? What crossing of areas of expertise? With project situations addressed from within (ethnography), the study of this “engineering” represents a way to understand how the actors act within these territories and thus it is a way to renew our knowledge on the peri-urban area.

We aim to identify the types of power at play in these projects, and thus to describe what influences them (practice and final production) with:

  • The reconstitution of the socio-political contexts of these projects, or rather of the networks to which the projects belong (“peri-urban” public policies, institutional evolutions…) -> political context and struggles.
  • The inclusion of non-humans within the project (instruments, techniques, tools…) by the actors.
  • The identification of emerging forms of organisation and evolution of professional cultures in a perspective of change (attitudes, competences and activities).

Therefore, within our study, we will focus on the relationship between actors, territories and instruments of organised action. In a pragmatic position, we will analyse the challenges met by the practitioners allowing for the concretisation of these projects to identify hindrances and levers for the development of a project-oriented urban planning within these spaces.

This should allow us to identify both the characteristics of the conduct of urban planning within low-density urbanised areas and to reveal the stakes of a new urban planning regime within the peri-urban that is “under way”.