Six journées de débat autour de la fabrique sensible et des mutations des espaces habités.

De juin 2022 à mars 2023, dans des formats hybrides ouverts aux expérimentations et aux échanges entre pratiques et sciences de la conception, sciences humaines et sociales et sciences de l’ingénieur, le laboratoire AAU se questionnera sur la façon dont la prise en compte du sensible et des ambiances dans les manières d’enquêter, de penser et de concevoir les espaces habités permet de renouveler les débats contemporains sur les transformations des sociétés urbaines :

  • qu’en est-il aujourd’hui de la recherche « en train de se faire » sur les ambiances, les architectures et les urbanités ?
  • quelles sont les manières de penser, d’enquêter et d’expérimenter leurs articulations possibles, au sein et hors de notre laboratoire ?
  • quels sont les objets d’enquête et les postures adoptées pour aborder les mutations (sociales, écologiques, politiques, esthétiques…) de nos milieux de vie ?
  • quels horizons et quels enjeux traversent aujourd’hui la notion d’ambiance, inscrite depuis plus de 40 ans dans le champ de la recherche architecturale, urbaine et paysagère ?

Ces rencontres se dérouleront alternativement entre les Écoles Nationales Supérieures d’Architecture de Nantes et de Grenoble, selon le programme suivant en 2022 :

  • 10 juin :  l’horizon critique des approches sensibles de l’espace
  • 20 septembre : Situer la recherche en termes d’ambiance
  • 21 octobre : Sensible et transformations socio-écologiques des milieux de vie
  • 24 novembre : Expérimentations d’ambiances : essais, épreuves, expériences.

Coordination : Rachel Thomas

La Rencontre du 10 juin intitulée « l’horizon critique des approches sensibles de l’espace » se propose d’explorer le potentiel critique offert par les approches sensibles de l’espace urbain. Pour cela, elle met à l’épreuve l’hypothèse suivante. Appréhender l’espace urbain comme une forme de vie, en étant attentif à son esthétique au sens littéral du terme, c’est-à-dire à son expérience sensible, pourrait permettre de montrer :
– d’une part, comment des structures macrosociales peuvent se déposer dans des agencements ordinaires et être vécues à fleur de peau par les usagers dans leur quotidien en imprégnant leurs conduites,
– et d’autre part, comment les configurations sensibles qui se déploient dans certains lieux, peuvent sous-tendre des manières d’être et de faire, originales et inventives, au regard d’un contexte général.
Se dessine ainsi la possibilité d’une double critique : une critique de l’urbain depuis son approche sensible, ses ambiances et ses atmosphères, attentive à la manière dont s’entrelacent agencements matériels, tonalités affectives et conduites ordinaires, mais aussi et dans le même temps, une critique par l’urbain, donc depuis un point de vue micro, de logiques socio-économiques ainsi ressaisies dans leur expression située.