Coordination
BOSSÉ Anne, ROY Elise
Membres AAU
BARBE Frédéric, FORT-JACQUES Théo, CHÉREL Emmanuelle, GOUSSANOU Rossila
Partenaires
Ariane Wilson (ENSA Paris-Malaquais), Claire Beauparlant (sociologue, architecte DPLG)

Argument

Les capacités des individus à cohabiter et faire mondes communs sont sans cesse mises à l’épreuve. Défiance de la parole politique, fragilités et déséquilibres territoriaux, augmentation des flux migratoires, confrontation des Nords et des Suds, mais aussi frictions ordinaires liées à la coprésence : les sens du commun comme les lieux par lesquels il advient ouvrent des objets de recherche particuliers.

Le commun n’est pas donné. Il se construit et se déploie dans des agencements spatiaux complexes, composés subtils d’humains et de non-humains, que l’on peut décrire. En partant de cette hypothèse liminaire, nous nous tenons à distance critique de deux écueils : celui, d’une part, du constat d’une crise du vivre ensemble ou du repli identitaire, où les frontières entre les mondes seraient de plus en plus étanches ; celui, d’autre part, de la vertu accordée a priori à la rencontre, où l’espace de contact est conçu comme un lieu de croisements ou de métissages gommant les conflits, les dominations, les stratégies.

Comment les lieux peuvent-ils être des ressources à l’être ensemble ? En quoi les configurations sensibles et artistiques révèlent-elles les processus de construction de mondes communs ? Comment les artistes contribuent-ils à inventer des formes et des propositions contribuant à la fabrique de l’agir en commun ?

Nous nous attachons à suivre les processus qui dessinent des mondes communs en devenir, et qui, bien souvent, conduisent à franchir les frontières, qu’elles soient territoriales (il s’agit alors de questionner les régimes de proximité), institutionnelles (il s’agit par exemple de questionner la manière dont l’agir en commun participe de la fabrique des lieux) ou même disciplinaires et épistémologiques (il s’agit notamment de questionner les dichotomies du savoir scientifique occidental). Les démarches ethnographiques et artistiques apparaissent particulièrement pertinentes pour échapper aux catégories surplombantes et élucider ce qui fait commun dans nos territoires contemporains. Il s’agit ainsi de traduire la singularité des situations en restant au plus près de ce qui émerge. En partant de moments d’épreuves où le commun est discuté, ajusté ou négocié, nous nous focalisons sur les situations où ce qui fait commun est plus visible, là où apparaissent des prises pour l’agir en commun. La notion d’épreuve traduit ce potentiel heuristique et souligne le caractère problématique et instable de ces processus de partage ou de concernement collectif. Elle traduit également la dimension sensible que prennent les expériences du commun.

Actions

  • Projet de recherche ENSBANM. Le Musée Théodore Monod, Dakar. 2019-2022 :

– Résidence & production d’une oeuvre d’Uriel Orlow  au Musée d’art africain Théodore Monod, exposée en mai-juin 2020 durant la Biennale de Dakar dans le cadre du projet de recherche international Ateliers de troubles épistémologiques.