Coordination
THOMAS Rachel
Membres AAU
AUDAS Nathalie, BALEZ Suzel, BONICCO-DONATO Céline, BRAYER Laure, HADBI Ryma, KAZIG Rainer, LAROCHE Sylvie, MANOLA Théa, MASSON Damien, McOISANS juL, THIBAUD Jean-Paul, VAN HOLLEBEKE Sarah
Partenaires
Barbara Erwine (March Berkeley, University of Washington Seattle, USA), Sara Fregonese (Nottingham University, UK), Federica Gatta (UMR PACTE), Anne Hertzog (MRTE), Sunčana Laketa (St Gallen University, Suisse), Virginie Linder ((MRTE), Maira Machado Martins (Pontifícia Universidade Católica de Rio de Janeiro), Felix de Montety (MRTE), Anthony Pecqueux (Centre Max Weber), Collectif Regards des Lieux, Simon Runkel (Université de Heidelberg, GER), Gretchen Schiller (SFR Création), Paul Simpson (Plymouth University, UK), Silvère Tribout (UMR PACTE), Fanny Vuaillat (UMR PACTE)

Argument

Si les travaux de notre UMR ne sont pas dénués d’une forme de critique (cf. les propos de JF. Augoyard sur l’urbanisme fonctionnel, les travaux sur la gêne, la plainte, le confort ou l’insécurité), celle-ci reste cependant implicite et formulée essentiellement à l’égard de la discipline architecturale ou de l’urbanisme. En effet, ces travaux pointent du doigt la tendance des concepteurs et des aménageurs à perpétuer des modes de pensée et de faire presque exclusivement fondés sur l’œil, négligeant la portée et la richesse des autres sens et des autres modalités sensibles de l’espace. De ce constat naissent alors plusieurs pistes de réflexion et divers outils (effets sonores, cartographies sensibles…) visant à mieux prendre en compte les sens dans le travail de conception ou dans la réflexion sur la gestion des espaces vécus.

Or certaines recherches de l’équipe menées récemment – à l’échelle nationale et internationale – dans des terrains problématiques du point de vue social et engageant des questionnements forts autour de la reconfiguration des urbanités contemporaines (thématiques de la sécurité urbaine, de la violence urbaine, de la surveillance en public, des formes de l’aseptisation et de la pacification des espaces publics) appellent un autre travail critique, plus explicite et davantage inscrit dans une perspective articulant espaces et sociétés à de multiples échelles. Le propos de ce groupe de recherche sera donc de s’interroger sur la possibilité de formuler une critique à l’égard de l’urbain, à partir précisément d’une attention portée aux effets des transformations des ambiances urbaines sur le sensorium humain et les formes sensibles de la vie urbaine.

Une telle proposition est une première manière de se positionner face à une théorie critique qui aborderait les transformations de l’urbain à l’échelle macrosociologique et sous le seul angle des injustices spatiales, des formes d’exclusion sociale, de domination ou de reproduction des inégalités (Lefebvre, 1961, 1968, ; Wacquant, 2006 ; Cresswel, 1996, 2006 ; Harvey, 2008, 2011). Si elle n’exclut pas de prendre en charge ces thématiques, une critique sensible de l’urbain le fera à partir d’un regard ethnographique, sensible au vécu situé des piétons/des habitants et aux expériences incarnées des ambiances urbaines. Elle pourra également passer par la prise en considération d’une série de savoirs, de connaissances déjà-là et déjà captée, souvent resté invisible ou peu prise en considération et qu’il est possible de retrouver dans les notes personnelles d’habitants, les documents d’organismes sociaux, les photographies, vidéos, prises de son de bureaux d’études etc.

Au-delà de cette première prise de position qu’il conviendra d’affiner, il s’agira donc de dégager les postures à partir desquelles cette critique est susceptible d’être construite. Quelles postures théoriques et méthodologiques adopter ? Quels déplacements un travail critique à partir du champ des ambiances nécessite-t-il au regard notamment de l’ancrage phénoménologique de la plupart de nos travaux ? En quoi ce travail de critique sensible permet-il un dialogue/une complémentarité/un débat avec les travaux de la critique « macro-sociologique » ou ceux de la géographie critique ? Enfin, quelles modalités d’écriture d’une « critique sensible » mettre en œuvre ?

Actions

Le groupe de recherche développe 3 axes de réflexion qui s’articulent chacun autour d’une ou plusieurs modalités de travail.

Axe 1. Développer une réflexion théorique sur les modalités et les enjeux d’une critique de l’urbain à partir des ambiances

  • GR19_Axe1_1èreModalitéTravail :
    écritures et publications de textes théoriques, communications dans des colloques (principalement internationaux)
  • GR19_Axe1_2ndeModalitéTravail :
    organisation de rencontres scientifiques (conférences, sessions dans des colloques principalement internationaux, journées d’études, atelier de travail, déjeuner Cresson, écoles thématiques…) pour mettre en débat le positionnement du groupe de recherche sur cette question de la critique sensible de l’urbain.
  • GR19_Axe1_3eModalitéTravail :
    développement de modules d’enseignement autour de la critique de formes plurielles de normalisation des ambiances.

 

Axe 2 : la poursuite de questionnements sur les processus de normalisation, de mise en scène et de contrôles des ambiances.

 

Axe 3 : le développement de réflexion sur la question de l’écriture de la critique. Poursuite de la piste des miniatures urbaines vidéographiques